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Archive pour septembre 2006

Les z’aventures de nous : episode 10

Vendredi 22 septembre 2006

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L’étrange festival: 14ème édition

Samedi 16 septembre 2006
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Voila quelques années que je rate systématiquement la programmation de « L’Etrange Festival« . Cette année et au vu d’un programme très riche, je me suis décidé pour profiter des projections proposées pendant une semaine au Cinéma du Monde et au Rex!

Depuis 14 ans L’Etrange Festival propose au public de découvrir des films barrés, décalés, marginaux, gênants, rares, grinçants, étranges, drôles ou originaux. Ainsi grâce à cette politique, les fidèles du festival ont pu voir des films de réalisateurs en marge des salles obscures comme Takashi Miike (Audition, Ichi the Killer, Visitor Q), Shinya Tsukamoto (Tetsuo, Tokyo Fist, Bullet Ballet), Herschell Gordon Lewis (Blood Feast), Alfred Hitchcock (Vertigo, Psycho)…

etrange festival14.gifCette année le festival a démarré son ouverture avec un des derniers films de Takashi Miike : The Great Yokaï War . Puis pendant 12 jours, il nous a été présentés une rétrospective Norifumi Suzuki (grand cinéaste japonais d’un cinéma érotique et violent), des hommages aux réalisateurs Sono Sion (nouvelle révélation du cinéma japonais et présent lors des projections du festival) et Paul Schrader (célèbre réalisateur-scénariste américain, également présent sur le festival), une thématique Rednecks et une autre sur le cinéma de Salvador Dali, des avant-premières, des courts-métrages et pour conclure un concert de l’actrice-diva Diamanda Galàs.

Mes modestes moyens ne me permettant pas d’assister à l’ensemble de la programmation, j’ai choisi d’aller voir une dizaine de films! Je vous propose de partager mes impressions et de vous parler des films qui m’ont le plus marqués.

gyw.jpgThe Great Yokai War (Yokai Daisensô – 2005) de Takashi Miike – Film d’ouverture du festival : Yasunori Kato, maître du mal, capture les esprits ancestraux de la montagne (les Yokai) et les fusionne avec les objets jetés au rebut dans les décharges publiques. Ces derniers, comme le soupçonnait Lamartine, ont bien une âme et sont remplis de colère : une telle fusion détruirait donc l’humanité et la paix spirituelle des Yokai. Seul espoir, Tadashi, un enfant de dix ans qui va les aider à déjouer ce plan diabolique grâce à son épée magique.

Avant de vous parler du film, il faut vous expliquer qui sont les Yokai! Les Yokai sont des créatures surnaturelles issues du folklore japonais. Ils ont tous un nom et une appartenance ethnique. Certains ont des particularités physiques (mi-homme, mi-animaux) ou des capacités (voler, nager sous l’eau,…) et on pourrait comparer ces monstres aux créatures mythologiques des légendes celtiques comme les nains, les fées, les trolls,etc…

Et bien le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’est calmé le p’tit père Miike depuis son film adapté du manga « Zebraman« . Il élargit son public aux enfants. Mais après tout, le résultat n’est pas désagréable et cela prouve une fois de plus sa capacité à s’adapter à un travail de commande, sans pour autant s’aliéner ses fans de la première heure (quel ttaaaaaaaaaaaallent!!). Et oui, c’est donc au plus incontrôlable et subversif des réalisateurs japonais que la Kadokawa a confié la réalisation du film anniversaire de leur 60 ans dans la pure tradition des « Kaiju Eiga » (films de monstres japonais) avec un casting de pas moins de 150 monstres. Une des premières choses qui séduit dans ce film, c’est le foisonnement et la profusion de ces créatures tout au long du métrage (un régal pour ceux qui ont vu l’exposition « Yokai, bestiaire du fantastique japonais » à la Maison de la Culture du Japon à Paris et qui se rappeleront les Kappa, les Tengu, les Femmes au long cou,…). Pour le look des Yokai, le film mélange les effets spéciaux : images de synthèse, animation image par image, marionnettes, et acteurs maquillés en monstre délirant. L’autre intérêt pour le jeune public, porte dans le fait que n’importe quel gamin peut s’identifier au jeune Tadashi. Le personnage est trouillard, maladroit, timide, paumé, inadapté et il ne peux assumer sa lourde charge de sauveur. Pourtant contre toute attente il se lancera dans la quête qu’on lui aura imposée allant d’échecs en victoires et apprenant petit à petit à maîtriser sa peur.

The Great Yokai War est digne du cinéma japonais pour enfants. A la manière des longs-métrages de Hayao Miyazaki (Princesse Mononoke, Nausicaa, Le voyage de Chihiro), on retrouve tout au long du film des messages sous-jacents sur l’écologie, la montée inquiétante de l’industrialisation, ou l’oubli des traditions.

En somme le résultat de The Great Yokai War est une parfaite réussite dans un véritable débordement d’imagination. Il ne nous reste plus qu’à espérer que la sortie DVD en France de ce film ne tardera pas trop!

Site japonais du film The Great Yokai War

Rétrospective Norifumi Suzuki avec les 3 films suivants :

sholinkarate.jpgShaolin Karate (Shôrinji Kenpô – 1975) : Doshin So a importé durant la guerre les techniques de combat chinois au Japon, notamment la méthode dite Shaolin. Il combat aussi la pègre qui règne sur le marché noir. À la fin de la guerre, il découvre que les terres appartenant à sa famille ont été spoliées. Fondateur de la première école Shaolin au Japon (à la vocation originellement pacifique…) il ne manque pas d’arguments pour faire entendre sa cause à qui de droit.

Ce film est un pur chef d’oeuvre! Le traitement de l’histoire, l’interprétation des acteurs et la mise en scène m’ont énormément fait penser au cinéma de Akira Kurosawa (il faut absolument voir Dodeskaden!!!). Inspiré de faits réels, le film nous raconte l’histoire de cet ex-espion Doshin So qui pendant l’humiliante occupation américaine fonda une école d’arts martiaux. Par certains aspects, il ressemble un peu au personnage historique chinois Huo Yuan-Ja qui fonda au début du XXième siècle une école réunissant tout les style du Wushu (terme utilisé en Chine pour désigner les arts martiaux locaux, ce que l’on appelle en Occident Kung-Fu) et prônant une philosophie martiale (si l’histoire de Huo Yuan-Ja vous intérresse je vous conseille d’aller voir Le Maître d’armes - Fearless en ce moment en salle). Dans Shaolin Karate, Norifumi Suzuki cherche avant tout à faire passer le message : « sans justice, pas de force, mais… sans force la justice n’est rien!« . Très loin des préceptes pacifiques et de tolérance de Shaolin, Doshin So rend sa propre justice avec force et violence contre les maffieux et une police complètement corrompus. Son combat, il le mène pour redonner espoir à des gens opprimés ayant perdu leur dignité et accablés moralement. Et cela Norifumi Suzuki le porte à l’écran avec beaucoup d’émotion. L’interprétation du charismatique « Bruce Lee japonais » Sonny Chiba est impressionante. Je me souviens notamment de ses multiples combats contre les yakusas dont la scène d’émasculation aux ciseaux et des séquences plus sensibles aux côtés des orphelins et de la jeune fille obligée de se prostituer pour survivre. Enfin à la manière du long-métrage « Le Tombeau des Lucioles«  de Isao Takahata ou du manga « Gen d’Hiroshima » de Keiji Nakazawa, Shaolin Karate dépeint la misère d’un Japon d’après-guerre par de magnifiques décors valorisés par une excellente mise en scène.

pensionnatjfp.jpgLe Pensionnat des jeunes filles perverses (Kyofo Joshi Koko : boko rinchi kyoshitsu – 1973) : Des jeunes filles punks font régner la terreur dans l’enceinte d’une école de jeunes filles. Qui donc les a introduites, qui les protège et comment les combattre ? Telles sont les questions auxquelles vont devoir répondre, au péril de leur vie, Noriko et ses camarades. Elles font appel, en désespoir de cause, à des yakuzas intéressés mais aussi à Maki, une femme gangster.

Dans les années 70 est né aux Etats-Unis un nouveau genre de cinéma : la Blaxploitation, mettant en scène des afro-américains, hommes ou femmes aux travers de films extrêmement décomplexés et militants. Au japon, à la même époque est né un cinéma d’exploitation similaire, mélange de violence hystérico- sadique, d’érotisme cru et de sexe débridé (hi!hi!hi!hi! normal pour des asiatiques!) : Les Harenshi Rosen littéralement ligne dévergondée et connu aussi sous le nom de Pinku Violents (plus noire et plus hard que les films du genre des Sukeban contraction de Suke (femme) et Bancho (chef de gang). Je vous recommande au passage, la lecture de l’excellent article à ce sujet dans le N°3 du magazine Mad Asia).

C’est dans cet état d’esprit que Norifumi Suzuki a filmé plusieurs films de ce genre, ainsi Le Pensionnat des Jeunes Filles Perverses fait partie d’une série de 4 films, tous se situant dans des lycées et qui ont pour thème : de jeunes et séduisantes jeunes filles combattent une société les voulant soumises et dociles. Tout comme la Blaxploitation avec Pam Grier (Foxy Brown, Coffy la Panthère de Harlem),le cinéma asiatique a son lot d’icônes féminines. Ainsi, ce sont 2 des plus connues, provocantes et plus représentatives du cinéma d’exploitation qui apparaissent dans les rôles titres du Pensionnat des Jeunes Filles Perverses. Reiko Ike (Sex and Fury, Girl Boss Guerilla, Criminal Woman : Killing Melody) interprète une chef de bande prête à en découdre contre Miki Sugimoto (Hot Springs Kiss Geisha, Zero Woman : Red Handcuffs) nouvelle arrivante au pensionnat et prête à tout pour venger son amie assassinée. Cette volonté de vengeance révèlera petit-à-petit les pratiques fascistes des officiels et leurs corruptions jusqu’à une révolte finale de toutes les étudiantes (un embrasement révolutionaire qui n’est pas sans rappeler les révoltes étudiantes contre la police de 1969). Tout cela contribue à faire du Pensionnat des Jeunes Filles Perverses un hymne à la révolte anarchique et révolutionaire des jeunes femmes japonaises dans un Japon par trop paternaliste.

Un monument de la culture pop japonaise!

vicetsevices.jpgVices et Sévices (Dabide no hoshi : bishoujo-gari – 1979) : Conçu par un voleur qui a violé sa mère sous les yeux de son époux, Tatsuya grandit et ressent monter en lui des pulsions identiques à celles de son géniteur violent et pervers. Il transforme le sous-sol de sa maison en chambre des tortures. Et lorsqu’il retrouve par hasard son père, tous deux s’allient afin d’infliger de nouvelles atrocités à des filles sans défense !

J’ai été un peu décu par ce film, semblant moins maîtrisé que d’autres oeuvres similaires antérieures. L’acteur principale incarnant le jeune Tatsuya a un jeu monotone et donne l’impression de ne savoir exprimer qu’un visage vide et neutre de toute émotion. Pas grand chose à rajouter en somme sur ce film très moyen, si ce n’est qu’il est à des miliers de kilomètres d’autres films de Suzuki tel que Le Couvent de la Bête Sacrée ou Sexe and Fury.

Thématique Rednecks avec ces 2 films :

Redneck (synonyme / Bubba) : Pauvre homme blanc du sud des Etats-Unis. Réactionnaire. Rustre. Bouseux.

carnage.jpgCarnage (Prime Cut – 1972) de Michael Ritchie avec Lee Marvin et Gene Hackman : Faute d’avoir payé ses fournisseurs de Chicago, un trafiquant de drogue esclavagiste et patron d’une usine de conserve de saucisses qui lui sert de couverture reçoit la visite d’encaisseurs. Il les tue. Leur chef Devlin lui déclare alors une guerre qui débute par le sauvetage de la prostituée Poppy. Cette provocation engendre des représailles ultra-violentes.

Mélange de thriller et de western, Carnage est le reflet de la vivacité du cinéma des années 70 et du climat de liberté qui y régnait. La confrontation des deux monstres sacrés, Lee Marvin et Gene Hackman est violente, passionée et faisant souvent preuve d’un humour grinçant. Sissy Spacek nous éblouit dans l’interprétation de son personnage de jeune prostituée droguée, un vrai tour de force pour un de ses tout premiers rôles au cinéma. Le film fait preuve de beaucoup de rythme par un montage dynamique et nerveux et d’une musique signée par Lalo Schiffrin. La mise en scène de Michael Ritchie est impeccable et donne lieu à des séquences incroyables : le plan d’ouverture du film avec cette séquence d’un homme transformé en chair à saucisses le long d’une chaîne de fabrication dans une usine; la vente aux enchères de jeunes femmes nues et droguées et traitées comme des animaux sous le regard impassible de Lee Marvin et la bonhomie des organisateurs déjeunant au fond de la salle; la course-poursuite dans les champs de blé qui n’est pas sans rappeler la fameuse scène de « La Mort au trousse » d’Alfred Hitchcock! (seulement là où Cary Grant était poursuivi par un avion, le couple Marvin-Spacek est traqué par une moissoneuse-batteuse); ou bien le duel final entre Lee Marvin et Gene Hackman où l’on sent toute l’influence et l’hommage rendu à certains grands westerns des années 60. Carnage est un vrai petit bijou décomplexé et dérangeant mais peut être un peu trop concis. On eusse aimé en voir encore davantage hélas!

hellhotel.jpgNuit de cauchemar (Motel Hell – 1980) de Kevin Connor : Vincent et Ida Smith sont réputés pour leur motel sympathique et pour la qualité de leurs charcuteries artisanales. Mais ces dernières sont fabriquées d’une façon très spéciale dont même Bruce Smith, shérif local et propre frère de Vincent, n’a aucune idée. L’arrivée d’une jeune et jolie touriste, Terry – dont les deux frères tombent amoureux – va précipiter la chute du Motel de l’Enfer.

Pour la petite anecdote la copie 35mm du film étant abîmée, le film avait tendance à tirer sur le rouge, chose plutôt amusante vu sa teneur! Nuits de cauchemar c’est la rencontre de 2 films majeurs, « Psycho » (pour le piège de l’hotel ) et « Massacre à la tronçonneuse » (pour la famille de cannibale et les captifs traités comme du bétail). Le résultat : un film déviant, drôle, sadique, et machiavélique. Je n’avais jamais vu Rory Calhoun (Le Colosse de Rhodes, Bonanza) dans un rôle aussi inquiétant et flippant. Son grand sourire de petit fermier bien tranquille, sa sympathique salopette et son chapeau de cow-boy ringard cache vraiment bien la perversité, la folie et l’inhumanité du personnage. De plus l’une des grandes qualités de ce film est d’avoir gardé un ton humoristique face à l’horreur : les idées des pièges complètement tarés, la plantation un peu spéciale dans le jardin secret et la séquence finale du duel à la tronçonneuse (bien, bien, barge et surréaliste!). Le film est marqué par son époque (les années 80) et l’imagerie populaire du Redneck explose dans des scènes dignent de la série The Dukes of Hazzard (plus connu sous le nom de Shérif fait moi peur en France) ou l’on retrouve le flic crétin à coté de la plaque, les jolies pépées et les gros cons réacs et abrutis. Je recommande ce film à tous les fans de cinéma d’horreur des 80′s, vous vous régalerez!

Thématique Salvador Dali :

monedwardes.jpgLa Maison du Docteur Edwardes (Spellbound – 1945) d’Alfred Hitchcock : Le jeune Dr. Edwardes remplace le Dr. Murchison à la tête d’une clinique psychiatrique où l’on pratique aussi la psychanalyse freudienne. Amoureuse de lui, une collègue découvre qu’il est en réalité un patient ayant usurpé l’identité d’Edwardes. Elle va tenter de le sauver mais « Edwardes » est persuadé qu’il est coupable d’un meurtre. La vérité sera révélée grâce à la science des rêves (« Traumdeutung ») de Freud… menaçant désormais le véritable meurtrier.

Une des premières sensations que l’on ressent à la sortie de ce film c’est un léger sentiment d’avoir été floué quand à la collaboration entre Alfred Hitchcock et Salvadore Dali. La séquence de rêve mise en scène par Dali ne dure pas plus de 2 minutes dans le film, alors que l’on aurait pu attendre mieux de la part de ces 2 grands artistes. En dehors de cette lacune La Maison du Docteur Edwardes fait partie de ces excellents Hitchcock peu connus du public. On y retrouve tous les ingrédients préférés du réalisateur : une bonne histoire, d’excellents acteurs (dans ce cas deux grandes figures du cinéma des années 40-50, Ingrid Bergman et Gregory Peck), une bonne histoire, un suspence insoutenable, une histoire d’amour et enfin une bonne histoire (cette répétition n’est pas de moi, c’est Alfred Hitchcock himself qui répétait 3 fois « une bonne histoire » lorsqu’on lui posait la question de comment réussir un bon film). Alors comme promis le scénario en béton de La Maison du Docteur Edwardes nous plonge dans l’univers de la psychanalyse au travers de clichés très marqués certes (le psychanaliste au fort accent autrichien et à la barbe à la Sigmund Freud, le divan dans le cabinet et j’en passe…). Malgré tout ses poncifs, le film est excellent et compte vraiment dans les très bons films dans la carrière d’Alfred Hitchcock. Gregory Peck est aussi convaincant que le personnage de Norman Bates (Anthony Perkins) du film « Psycho » dans son rôle de dément et Ingrid Bergman crève l’écran par son interprétation fragile mais juste.

Séances Spéciales :

residencesurv.jpgRésidence Surveillée (Neighborhood Watch – 2005) de Graeme Whifler : Bob vient d’être embauché par Zeecor, une société high-tech qui lui offre une belle propriété située à Wormwood Drive, un coin impeccablement entretenu situé dans une banlieue chic et boisée. Le rêve pour lui et son épouse Wendy, lassés de la délinquance qu’ils ont connu en banlieue. Leurs voisins semblent charmants mais l’un d’eux est, en réalité, un psychopathe sadique. Derrière la façade, la folie et l’ultra-violence veillent.

Qui n’a jamais eu de problèmes de voisinage? Qui n’a jamais été malade à en crever? Si vous avez déja vécu ces désagréments ce film est pour vous! Résidence Surveillée est une sorte de comédie ironique sordide et névrosée à la violence crue et aux propos flippant. Imaginez vous le pire scénario qu’il puisse vous arriver avec un voisin psychopathe et bien vous serez en dessous de ce qu’endurent les jeunes mariés de ce film. Graeme Whifler n’hésite pas à franchir les limites du supportable et du mauvais goût, quelque part il se rapproche des oeuvres de son aîné le cinéaste cinglé John Waters (Mondo Trasho, Pink Flamingos, A Dirty Shame). Sa mise en scène caméra à l’épaule entraîne le spectateur dans l’intimité de ses personnages et se permet de ne rien nous épargner du vomi, de l’urine, de la merde et du sang. En jouant la carte de la provocation Graeme Whifler gagne le pari d’un film particulièrement sordide mais bougrement efficace dans son genre. Nick Searcy (Tigerland, et pas mal de série TV) l’acteur qui interprète le rôle du voisin psychopathe-sadique est tout simplement terrifiant dans son personnage. Chacune de ses apparitions vous flanque les chocottes et l’ambiance dans laquelle il évolue n’arrange rien (souhaitons que l’on verra ce brillant acteur plus souvent après ce film!). Ce film n’est donc pas pour tous les publics, mais si vous êtes fan comme moi de films un peu bizarres, « Residence surveillée » vous comblera!

Allez faire un p’tit tour sur le site, il vous propose quelques teasers et vous donne le ton et l’ambiance bien moisie de ce film! Espérons une sortie dans les salles françaises de ce film prochainement (moi je fonce le revoir dès qu’il sort en tout cas!)

Site du film Résidence Surveillée

imprintmiike.jpgImprint (2006) de Takashi Miike. Japon XIXe siècle, un journaliste américain court les bordels pour retrouver Komomo, la prostituée dont il est tombé amoureux. Il rencontre une nuit une femme déformée qui prétend lui apprendre la vérité : Komomo a été torturée atrocement dans des circonstances démentielles.

Imprint est le treizième épisode de la première saison de la série télévisée Masters of Horrors créée par Mick Garris. Le principe de la série est de faire appel aux grands noms du cinéma d’horreur (on retrouve entre autre « The Big »John Carpenter, Dario Argento, Larry Cohen, Joe Dante, et bien d’autres encore!), pour réaliser des épisodes sans limite de censure, de violence, ou d’hémoglobine, mais dans un cours délai de 10 jours. En partant de cette idée Mick Garris a contacté l’enfant terrible du « cinéma nippon » Takashi Miike, devenant ainsi le seul réalisateur japonais engagé dans la série. Et évidemment ce qui devait arriver est arrivé, l’épisode de Takashi Miike

s’est retrouvé interdit de diffusion sur la chaine américaine Showtime. Les raisons : un épisode trop glauque, trop effrayant, et trop malsain pour une diffusion télévisée et grand public. Après vision du dit épisode je vous dirai plutôt que c’est le puritanisme exacerbé et hypocrite des américains le vrai responsable de cette censure injustifiée. Que pouvait on attendre d’autre du réalisateur de « Ichi The Killer« , de « Visitor Q« , ou de « Audition« , qu’un épisode extrème et sans concession? Pourtant quand on y regarde de plus près Imprint reprend les traditions du cinéma japonais dit de « torture » des années 70 et ne fait que respecter la charte de la série. Alors vraie liberté d’expression pour les réalisateurs de Masters of Horrors? Apparement pas pour tout le monde et c’est bien dommage!

Un espoir est permis malgré tout dans la vente du coffret DVD de la série sorti en Août dernier car il contient le fameux épisode interdit.

Alors pour les chanceux qui verront Imprint en DVD (vu que cet épisode ne sera pas diffusé sur Canal + en novembre!), je tiens à vous avertir que l’histoire est vraiment très glauque et les séquences de torture sont dignes du film « Audition« .

Site de la série Masters of Horrors

Avant-Première :

avida.jpgAvida (2006) de Gustave Kervern & Benoit Delépine : Un sourd-muet évadé et deux drogués à la kétamine mettent au point, dans le cadre d’un minable trafic d’animaux, l’enlèvement du chien d’une plantureuse milliardaire. Ils échouent. Elle a désormais barre sur eux : ils doivent réaliser ses désirs ubuesques et burlesques.

Deuxième film des 2 trublions de « Groland » Mickael Kael (Benoit Delépine) et Gustave De Kervern (Gustave Kervern), Avida est une vrai curiosité cinématographique. En sortant de la salle on se dit que ce film est ou complètement hermétique, ou carrément génial. Entièrement filmé dans un noir et blanc tout pourri (mais volontaire), ce film m’a fait penser à beaucoup de choses : d’abord au cinéaste allemand Werner Herzog, au « Eraserhead » de David Lynch, à l’humour « non-sense » des Monthy Python, à la peinture et au cinéma de Salvadore Dali, tout cela dans un ton très kafkaïen. Vous l’aurez compris ce film n’est pas banal, il alterne de longs passages comtenplatifs à des séquences drôles et absurdes: Claude Chabrol dissertant avec délectation sur l’érotisme de la viande de cervidé, Sanseverino pètant un câble dans d’étranges borborygmes, une tribu de gens ayant fui la ville vivent dans des armoires, un picador (interprété par Fernando Arrabal) se suicidant par rhinocéros interposé…

Toujours fidèle à leur humour grinçant et provocateur le duo Delépine-Kervern nous livre une fable drôle et touchante teintée d’un esthétisme halucinée. A voir absolument donc pour tous les afficionados de curiosités un peu barrées puisque Avida est sorti en salle dans toute la France ce mercredi 13 septembre.

Hormis quelques exceptions, près la plupart de ces films sont disponibles à la vente en DVD, alors bons films!

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Pas assez de temps… ou peut-être trop?

Mardi 12 septembre 2006

Pas le temps de se voir ni de profiter de soi dans la glace, dans ses fringues, dans sa tête ou dans son corps. Jamais assez de temps pour faire les choses les plus importantes et profiter d’un temps pour prendre de la distance avec le temps. Trop de temps à attendre des réponses de gens qui prennent tout leur temps, qui ne savent pas à quel point ils ne gèrent pas le temps des autres ou s’amusent avec. Pourtant, ils ont aussi des problèmes de temps, ils ont aussi leurs propres échéances, pourquoi ne comprennent-ils pas qu’on n’a pas de temps…. à perdre.

Trop de temps pour se regarder le nombril et pas assez pour inspecter celui de l’autre. C’est comme tout ce temps inutile passé à essayer de comprendre où on va, pendant ce temps, le temps indifférent file à toute allure. Et, un jour on se réveille, vieux et fatigué, et on se rend compte que finalement le temps c’est tout ce qu’il reste avant qu’il n’y ait plus de temps du tout.

Chasser à coups de prise de tête les réponses du temps qui tardent quand même à venir en ce moment ou essayer de s’occuper pour que le temps passe. Parfois, on aimerait que le temps suspende sa course, histoire de voir s’il en est capable d’arrêter le temps, lui.. Peine perdu, têtu et égoïste, le temps va son chemin écrasant tout sur son passage. Peut-être a -t- il peur de ne pas arriver à temps, des fois qu’on oublierait d’attendre un temps avant de réfléchir.

Si on pouvait mieux gérer son temps, comme on en économiserait du temps perdu…

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(Mark Rothko)

La peinture de M. Rothko, peintre expressionniste américain, figure l’oeuvre du temps. En gestes successifs qui font se superposer les pigments, il invite dans ses « colorfields » à une contemplation tranquille, reposante qui vous remplit et vous submerge tout entier.

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Au cas où…

Mardi 12 septembre 2006

zen1.jpg Deux précautions valent mieux qu’une certes, mais on ne s’avise jamais de tout.

Deux filles à la dérive

Mardi 12 septembre 2006

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Dernier film de Patrick Grandperret, « Meurtrières » est une adaptation d’un fait divers survenu à la fin des années 1970: deux adolescentes tuent un homme à Chalon-sur-Saône et, mal défendues par un avocat commis d’office, elles écoppent d’une condamnation à perpétuité.

Avec un budget serré, et une fiction influencée par le regard de Maurice Pialat (qui fut le premier à vouloir l’adapter), Grandperret donne une réponse à la terrible et banale question : comment en sont-elles arrivées là? Que leur est-il arrivé?…

Premières images du film: un premier personnage féminin, un masque de stupeur sur le visage et du sang sur les vêtements va où le conduisent ses pas. Les voitures rares passent indifférentes dans les rues baignées d’une lumière rouge. Elle attérit chez une dame compatissante qui se propose de la secourir. Au bout d’un court instant, entre en scène un deuxième personnage féminin, aux abois, ensanglanté, la main tenant un couteau. Une phrase courte, brutale et lourde de sous-entendus tombe : « faut qu’on s’casse ».

C’est l’histoire de Nina (Céline Sallette) et de Lizzy (Hande Kodja), deux adolescentes à fleur de peau, trop pessimistes pour leur âge, pleines de rêves malgré tout, qui regardent le monde des adultes avec envie ou mépris… Elles se rencontrent dans un hôpital psychiatrique, se reconnaissent et deviennent amies de mauvaise fortune. Elles développent rapidement une relation fusionnelle à la fois destructrice et rassurante qui les protège des assauts hypocrites et lâches du monde extérieur, celui des hommes en particulier.

La vie semble leur avoir tourné le dos: définitivement seules, elles ne peuvent compter sur personne, ne possèdent rien… Ensembles, elles vont traîner de ville en ville leur misère affective, leur faim et leur soif d’une vie ordinaire qui se refuse à elles et enchaînent les plans « galère » jusqu’au drame.

Pas de misérabilisme chez Patrick Grandperret, juste une peinture froide de deux existences qui semblent n’avoir servi à rien, comme deux accidents de la Vie, deux oubliées de Dame Fortune.

C’est un film dur, dont la scène finale est ambiguë tant au niveau symbolique que visuel. Les amateurs de drame psychologique et de peinture sociale sans rêve américain apprécieront aussi -je le suppose- la mise en scène très « minimaliste »… Enfin, l’interprétation de ces deux toutes jeunes actrices est remarquablement juste.

Pour des infos sur le film, encore distribué dans deux salles à Paris, allez voir:
Résumé et Bandes annonces… de « Meurtrières »

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La Rentrée étudiante d’Emma

Samedi 9 septembre 2006

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Le retour de la Rentrée!

Vendredi 8 septembre 2006

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Eeeeehhhhhhhh oui, ca y’est elle est arrivée : « La rentrée » et avec elle son cortège d’instites vicieuses! Alors prenez garde les ptits enfants car aujourd’hui c’est l’anniversaire de la plus sadique instite du département d’Indre et Loire et qui se trouve être ma soeur j’ai nommé Elodie!

Alors faites gaffe quand vous traverserez près de l’école!
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Réflexions amoureuses 10

Lundi 4 septembre 2006

L’Amour saisit au moment où l’on s’y attend le moins.

Du coup, on le confond souvent avec la tachycardie, l’asthme
ou les allergies au soleil.

Et pourtant…

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« Au bord du lac bleu » (Auguste Macke,1913)

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Sagesse créole

Lundi 4 septembre 2006

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Celui qui ne sait pas que son lit est dur dort bien.

Taxidermie

Samedi 2 septembre 2006

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Deuxième film du réalisateur hongrois György Pàlfy, « Taxidermie » est un film fascinant, trash, répugnant, grotesque, et à ne pas mettre devant tous les regards. Véritable ovni cinématographique, cette oeuvre originale et glauque ne laisse pas le spectateur indifférent!

Les amateurs de sportifs obèses vomissant trois fois leurs poids après des compétitions alimentaires, de chats monstrueux nourris aux matières grasses, d’artiste de l’extrême jusqu’au boutiste, de masochiste du feu, ou de nouveau-né à queue de cochon ne seront pas en reste. Outre son ton répulsif mais assumé, « Taxidermie » fait preuve de beaucoup de qualités artistiques : les travellings circulaires symbolisant le passage du temps sont magifiques, la photographie du film est de toute beauté, la séquence fantastique du rêve de Vendel Morosgoványi dans un livre pour enfant n’aurait sûrement pas été reniée par Tim Burton et l’opération chirurgicale de Lajoska Balatony est digne de la série NIP/TUCK.

Je recommande juste à ceux qui auraient envie de voir ce film de se dépêcher, car il y a peu de salles pour le projeter et au vue du peu d’intérêt qu’on lui porte, il risque de ne pas rester très longtemps. Petit avertissement aux âmes sensibles: évitez de manger avant d’aller voir ce film, ou prévoyez des « sacs à vomi » pour la séance car le caractère malsain de certaines séquences peuvent vous provoquer des hauts-le-coeur! En dehors de ça, les petits curieux de film étrange seront servis!

site du film Taxidermie

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Sorte de généalogie d’une famille dégénérée affectionnant tout particulièrement un certain penchant pour les animaux, « Taxidermie » est une production étrange.
De génération en génération et par le fils, se transmet l’attraction sordide pour la perfomance personnelle : flirt physique avec le feu, croissance corporelle gargantuesque, et commerce -à tous les niveaux- de la peau…

De manière remarquable, grâce à des trouvailles d’effets visuels et une subtile ambiguïté, le réalisateur hongrois György Pàlfy ne tombera jamais ni dans le vulgaire, ni dans la pornographie, ni dans le choquant futile. Pourtant, tout est glauque : l’air est vicié, les corps sont disgrâcieux et les visages comme les âmes sont laids à l’image des personnages peints par les Expressionnistes allemands tels que Grosz et Dix. La scène finale est à la fois horripilante et impressionnante. Elle réalise la sublimation du soi au travers du corps et on hésite à n’y voir qu’une scène de chirurgie hyperréaliste ou d’automutilation ordinaire…

On ne sait pas s’il faut s’enfuir en courant loin de ce film qui fleure la décadence et l’indécence dès les 20 premières minutes, tenir vaille que vaille pour l’amour du 7ème art ou se laisser happer de manière coupable par son attraction irrésistible.

C’est un film qui se regarde avec tous les sens éveillés. Et, bon gré mal gré, on est obligé de reconnaître que G. Pàlfy signe ici une oeuvre d’une rare exception.

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