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Archive pour juillet 2007

Galierock :l’expo rock de Castelbaljac au Musée Galiera

Dimanche 15 juillet 2007

Jusqu’au 27 juillet 2007:

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Folies de poches, de fermetures éclairs, de matières sécurisantes et de nounours chez Castelbaljac. Le musée Galiera présente pour la première fois des modèles originaux issus des créations pour défilés du couturier français Jean-Charles de Castelbaljac. Une carte blanche pour montrer son univers de couturier à la croisée des genres: mode, design, arts graphiques, musique, cinéma…

L’univers du couturier français se déploie de manière colorée et généreuse sur quatre salles: la première a des murs couverts de miroirs. Elle est occupée par un énorme cube et baignée dans des lumières aux couleurs de l’artiste, un symbole. La seconde présente des vêtements, tableaux et sculptures, toutes sortes d’objets souvent patrimoniaux qui l’ont influencé et fasciné. Les salles suivantes sont celles que j’ai préférées: dans la troisième, la collection des « robes-objets ». Elles rendent hommage à des personnalités du cinéma, de la musique, des arts plastiques, de la littérature… Ainsi, on peut voir des robes « Jimi Hendrix », « Vanessa Paradis », « Marilyn Monroe », « Jean-Paul Sartre », « Mickey »…. En face, des robes-manteaux, des capes multipoches réversibles, des vestes-Converses… aux couleurs franches, blanc, bleu, jaune, noir, rouge et vert. Sur les murs, de grandes photos d’hommes et de femmes représentatifs des milieux underground, néo-punk par exemple. Au fond de la salle, un immense trône…rose!

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La dernière salle, la plus grande, est très riche. Sur un podium central, sont exposés des robes et des manteaux aux coupes farfelues, dans des matières surprenantes, à la fois sexy, drôles, bizarres et certainement très confortables, comme ce magnifique manteau rouge qui permet grâce à ses innombrables poches de partir partout avec son nécessaire de survie. Autour de la scène aménagée à la manière d’un défilé, d’autres modèles comme une robe-duvet, une robe en toile de parachute…Pendant la visite, sont diffusés des morceaux choisis des défilés du couturier, ainsi que des interviews. Sur les murs, des toiles de jeunes graphistes et plasticiens, connus de l’artiste.

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Celui-ci explique sa démarche: obsédé par la sécurité, le confort, il crée des modèles qui deviennent des protections idéales contre les dangers de la vie citadine quels qu’ils soient, qui isole avec raffinement des froids polaires des mégalopoles… Il conçoit des modèles tout en douceur, comme un manteau-nounours, des vêtements pratiques, comme un manteau « modulable », ingénieux système pour aimer son pardessus quelle que soit son humeur…

J’avoue avoir été surprise par une telle liberté. Jean-Charles de Castelbajac emprunte et détourne des icônes de la société moderne. Jamais vraiment sorti de l’enfance, il a fabriqué pendant 40 ans un style plein de fantaisie et de drôlerie, composé de formes simples et ludiques.

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Petit plus: le musée propose des ateliers de création pour le jeune public : les enfants peuvent notamment y apprendre comment customiser leurs petites affaires à la manière du grand couturier.

Mais, une visite vaut mieux que tous les discours, alors dépêchez-vous d’y faire un saut.

Pour se préparer, voici deux adresses de sites:

Pour des infos sur l’expo (et le musée)

Pour des infos sur J.-C. de Castelbajac

Bonne visite

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Brèves du quotidien: histoires banales et idiotes

Dimanche 15 juillet 2007

A La Poste

- J’arrive à la poste de mon quartier pour faire une transaction habituelle. Il faut savoir que cette poste est un peu particulière. En effet, je suis toujours étonnée de voir à quel point elle aigrit le caractère de ceux qui s’y rendent. Il y a toujours, quelqu’un pour gueuler parce qu’il en a marre d’attendre alors qu’il vient d’arriver, une personne qui parle toute seule et vous regarde l’oeil mauvais en attendant une réponse de votre part, ou encore, un simple d’esprit qui est entré là parce qu’il y avait de la lumière et vous trouve soudain très intéressante.

-Donc, j’arrive et je vois tous les gens faire la queue en dehors de la file d’attente aménagée gentiment par les agents de La Poste pour éviter qu’ils ne se ruent aux guichets, pressés qu’ils sont de s’en prendre à quelque fonctionnaire. Je me dis tout-à-coup que nous devons posséder un brillant esprit de contradiction: avant les gens râlaient car ils ne savaient jamais qui était arrivé en premier, ils s’épiaient jalousement et feignaient de ne rien comprendre quand leurs voisins les chopaient en train de resquiller. A présent, avec la file d’attente, les gens se méfient, soupçonnant quelque manoeuvre sadique d’un fonctionnaire malveillant, de vouloir choisir son prochain client…. Bienheureux les paranoïaques car ils auront une vie bien remplie et plein d’amis.

-Un autre jour, un monsieur qui ne devait pas avoir toute sa tête ou devait avoir gagné à la loterie se poste devant la vitrine d’exposition de timbres et d’enveloppes. Tapant du pied, main sur la hanche et secouant la tête en rythme, il se met à chanter, improvisant une chanson à propos….de vaches!! Les gens l’observent interloqués, se moquent discrètement, le traitant de fou et plaignent sa femme. Le type se retourne, sourit et s’en va. Regards gênés dans la file d’attente (depuis le temps, les gens s’en méfient moins.) Avant de quitter la poste, je jette un coup d’ oeil curieux dans la vitrine. Sur les timbres, il y avait des vaches de toutes les origines photographiées dans un pré!… Méprisés et incompris mais heureux les gais lurons car seuls,ils possèderont la clé du bonheur terrestre.

-Un troisième jour, un monsieur se présente au guichet, un autre lui passe devant en montrant sa carte d’invalidité. Et il se fait servir. Débarque une femme enceinte, toujours au même guichet. On ne pouvait décemment pas la faire attendre. Et elle se fait servir. Enfin, le premier monsieur respire, on va s’occuper de lui. .. Quand une troisième personne se pointe et montre une carte vermeil. Et elle se fait servir. Grincements en tous genres dans mon dos…. Heureux ceux qui possèderont des « cartes coupe-file », car ils feront beaucoup d’envieux!

*Dans le métro

-Il y a de plus en plus de sans-abri dans le métro. Squatter de sièges, collectionneur de sacs plastique en tous genres, trieur de poubelles, éleveur de troupeaux de chiens, chats et rats, le SDF aime se montrer difficile voire exigeant: je rencontre un couple dans le métro qui me demande deux tickets de transport. Je suis un peu juste côté tickets mais devant l’amabilité et la politesse de la jeune femme, je ne résiste pas et je leur en propose un. Colère mêlée de fierté de la part de son compagnon; l’homme devient agressif, il en a demandé deux. Choquée par cette attitude, je leur donne le choix: soit je leur donne rien et c’est tant pis pour eux, soit ils en gagnent au moins un. En obtenir un deuxième sera plus aisé. Hésitation des deux vagabonds, qui finissent par accepter mon ticket de mauvaise grâce. Bien punis seront les généreux car ils auront toujours l’air de gros cons!

-Un soir, je rentre chez moi en prenant le métro. Je m’assoie tranquillement et j’ouvre un livre que j’espère passionnant, le trajet étant long jusque chez moi. Une petite vieille arrive et me dit sans politesse : »Tu descends la place!? » Pensant qu’elle parlait, de cette manière affable, au strapontin, je fais celle qui n’a rien entendu. Un, pourquoi elle me tutoie, d’abord. Deux, y’a d’la place ailleurs. Trois, je ne supporte pas qu’on m’interrompe dans ma lecture même si je me fais chier! me dis-je en me concentrant davantage sur la phrase que je lis pour la quatrième fois. La dame insiste. je la regarde droit dans les yeux: »Faites-le vous-mêmes, vous n’êtes pas handicapée des bras! ». Elle s’agite et s’énerve, dis que je suis une méchante et que je devrais avoir honte car elle est vieille et moi, je suis jeune…et que je devrais avoir plus de respect…Je lui réponds que je suis peut-être une méchante mais que le respect n’est pas un dû. Si elle avait été plus polie, je lui aurais volontiers rendu ce petit service, mais comme c’est une vieille malpolie, elle peut toujours rester debout.

« Et si je meurs, tu vas pas m’aider…? » poursuit-elle sans vergogne. « Crevez pour voir. » Je lui réponds provocatrice.

Elle finit par s’assoir et commence à rouspéter. Elle me murmure dans l’oreille, comme à une vieille copine: « Ouais, mais tout de même tu aurais pu me baisser le siège. Ce n’est pas très gentil. Et, je lui réponds théâtrale: « C’est normal que je ne vous baisse pas le siège. Vous êtes une mal polie qui profite de sa vieillesse, une harpie jalouse et mesquine. Je ne suis pas à votre service parce que je suis jeune. En plus, vous ne savez pas si je suis en mesure de vous aider, j’ai peut-être une maladie grave… aux bras! Regard inquiet de la vieille qui se décale légèrement sur le côté. Sa station arrive, elle se lève toute seule comme une grande, et avant de sortir, elle se retourne vers moi et me traite de salope! Regard courroucé et culpabilisant de mon voisin de strapontin. Merde alors, faites-leur la leçon et récoltez des clous!

-Un couple entre dans le métro avec un enfant. Le petit garçon d’environ quatre ans semble un peu capricieux. Après deux secondes passées sur les genoux paternels, il s’installe près de moi pour regarder à travers la vitre. Le gamin commence à me pousser car il ne peut pas bien voir. Je lui explique gentiment qu’il a toute la place pour lui, à côté et qu’en plus, j’étais là avant lui! L’enfant se fâche, me pousse encore et encore.Je ne bouge pas d’un pouce. En désespoir de cause, il finit par abandonner et part se réfugier dans les bras de son père. Il verse trois larmes de crocodile famélique et, me montrant du doigt, m’accuse d’avoir pris sa place. Et là, merveille! Le père qui a assisté à toute la scène me dit que je suis une méchante. J’ai eu l’impression que c’était le monde à l’envers. Très digne, j’explique au père que son fils chéri n’avait qu’à se mettre à côté ou me demander pardon. Il me réponds qu’il est trop jeune pour apprendre. Moi, je ne le trouve pas trop petit pour manipuler les adultes. Je crois que je déteste les enfants des autres!

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Des messagers au Centre Pompidou

Dimanche 15 juillet 2007

 

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Commencée le 6 juin dernier, l’exposition au Centre Pompidou de l’artiste contemporaine française Annette Messager m’a effrayée et séduite en même temps.

Elle débute dès l’entrée du Centre: alors que je faisais la queue pour acheter mon billet, j’entends comme un bruit de chute. Je me retourne et vois alors d’énormes formes comme des agrégats de membres divers, prisonniers d’un filet noir, tomber sur un sol recouvert de traversins, entre lesquels passe un petit mobile. La visite promet d’être singulière, à la hauteur de l’Oeuvre de l’artiste qui mêle avec fantaisie et étrangeté, art et science, choses intimes et expériences universelles…

Différents espaces présentent ses montages de pantins désarticulés, ses figures d’ombres chinoises, ses boudins-messages de tissus, mais aussi ses photographies-tatouages… Autant de facettes de la personnalité de cette plasticienne influencée par le mouvement surréaliste des Avant-gardes et par le mouvement féministe des années 1960-70.

Tour à tour, je regarde au plafond des pantins fous qui s’agitent, dans une vitrine des oiseaux empaillés, dans un espace clos des boules noires semblables à des araignées de cheveux arrachés qui volent, contre le mur des robes sous verre ou encore, par de petites « fenêtres « aménagées dans les murs, une collection de photographies, de dessins et de carnets amassés comme des souvenirs. Plus loin, je me retrouve nez à nez avec des figures noires, encore, étranges, objets fantastiques et à la fois familiers projetant des ombres au mur, semblables à des dessins esquissés au lavis…. Plus tard, je découvre dans une vaste salle des formes de tissus gonflées, que l’artiste appelle « Gonflés-dégonflés », dizaine d’organes sexuels semblant se reposer et attirer la main. Ou encore, des mètres de satin rouge s’élevant et s’abaissant au rythme d’une respiration…

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J’ai dû plusieurs fois résister à la tentation de toucher la matière qui recouvre là, un vieux Rocking chair, ou ici, une pile de livres et de peluches installés dans un équilibre fragile…. Oui, tout dans cette exposition paraît fragile, flottant, en suspension, délaissé…

J’ai été séduite par la diversité et l’originalité des installations comme celle constituée de crayons plantés dans un mur, qui, hérissé de pointes multicolores, paraît soudain très agressif. J’ai été très sensible à leur pouvoir évocateur, leur rondeur mais je n’ai pu réprimer certains frissons devant « les pensionnaires » et « la ballade des pendus » qui vous accueillent à l’entrée de l’exposition, ou face aux « articulés – désarticulés », pantins hybrides composés de peluches. Les formes et les couleurs des objets cousus par Annette Messager me parlent d’une enfance douce et rêvée, mais aussi de peurs terribles, d’angoisses tétanisantes…J’ai découvert chaque nouvelle réalisation avec surprise, frayeur, délice et parfois inquiétude.

Mais tout cela est très personnel, allez vous-mêmes vous rendre compte sur place. L’exposition dure jusqu’au 17 septembre.

Pour quelques infos sur Annette Messager, vous pouvez consulter par exemple:

- le site du Centre Pompidou sur lequel vous pouvez regarder une vidéo prise durant l’installation de l’exposition

- le site de l’Encyclopédie libre

-un site libre consacré à l’artiste

-un site sur la Biennale de Venise 2005

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Un mois de juillet espagnol avec Alex De La Iglesia

Dimanche 1 juillet 2007

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