Archive de la catégorie ‘EXPOS’

Exposition du 4 septembre au 1er octobre 2009 à St-Ouen

Samedi 5 septembre 2009

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Quand je n’écris pas, je peins, je dessine, je colle, je couds…

Lasse de marcher sur des monticules de tableaux et d’objets bizarres de toutes sortes,

j’ai décidé une nuit où la lune était ronde et bien bleue de montrer une sélection de ce bazar organisé.

Ainsi, je vous invite à venir voir mon travail autour des animaux, des hommes (avec des femmes),

une exposition très colorée de tableaux de petits formats et de sculptures.

 

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Vernissage le vendredi 25 septembre de 16h à 17h30

OFFICE DU TOURISME DE SAINT-OUEN

30, avenue Gabriel Péri , 93400 Saint-Ouen – Tél.: 01 40 11 77 36

Du lundi au jeudi de 10h30 à 13h et de 14h à 18h

le vendredi de 13h à 18h et le samedi de 10h à 12h30

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Pour venir à St-Ouen

Métro: ligne 13 dir. Saint-Denis  arrêt: Mairie de Saint-Ouen

Bus : lignes 85 Terminus de la ligne, ligne 137 , ligne 166  et ligne 173 arrêt Mairie de St-Ouen – Hôtel de ville

Retrouvez d’autres infos sur:

Site de la ville de St-Ouen

Site des offices du tourisme 

 

A bientôt.

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Images muséales: visite au musée Dapper

Dimanche 29 juin 2008

Je viens de découvrir un musée consacré aux Arts africains, des Caraïbes et de leurs diasporas.

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C’est un lieu très beau, à la décoration soignée, lumineux et intimiste à la fois. Le rez- de- chaussée et le premier étage sont consacrés aux expositions; en contrebas, se trouve une librairie contenant les publications du musée ainsi qu’un lieu de restauration plutôt confortable.

J’ai d’abord traversé avec amusement le petit pont de bois qui relie l’entrée du musée au hall d’accueil. Puis, les sculptures aériennes de l’artiste martiniquaise Julie Bessard m’ont accueillie.

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Des êtres étranges au corps de paille, cornus, ailés… suspendus par des fils invisibles, pendent et se meuvent avec une mollesse gracieuse, sur une musique quasi imperceptible. Grâce à des lumières savamment installées, ces sculptures projettent des ombres fantastiques sur les murs, auxquelles s’ajoutent les projections vidéo d’autres esprits en mouvement. C’est une installation à la fois mystérieuse et fascinante. (Allez voir son travail sur http://www.juliebessard.com/)

Ensuite, je suis entrée dans l’espace consacré à l’exposition Animal qui s’étale sur les deux étages du musée.

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Elle présente les différentes « figurations ou présences » de l’animal dans la culture africaine tribale. Elle explicite les relations que les tribus avaient avec ces représentations; on leur conférait notamment un pouvoir magique.

masquecimiercopie.jpg Détail d’un masque cimier figurant une antilope – Bois, métal, pigments – Mali

A côté de nombreux masques de cérémonies, se trouvent des objets utilitaires ornés de figures zoomorphes… D’autres représentations animales décorent des bijoux en bronze, ou en or, finement travaillé.

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Détail d’un objet rituel figurant un caméléon – Bronze – Côte d’ivoire

Ici et là, l’animal est présent, soit de manière très réaliste, soit caricaturale ou abstraite, mélange de plusieurs animaux, sorte de chimère d’un genre nouveau…

antilopecopie.jpg Figures zoomorphes à tête d’antilopes et corps de serpent -Fer- Mali

Ces objets d’ivoire, d’or, de bronze, ou encore de bois, recouvert de pigments par exemple … viennent notamment du Mali, du Burkina Faso, de Côte d’ Ivoire, du Bénin… (Visitez le site du musée et jetez un oeil curieux aux pages présentant l’exposition sur http://www.dapper.com.fr/exposition-en-cours.php) L’exposition, annoncée d’octobre 2007 à mars 2008, est prolongée jusqu’au début du mois de juillet.

Profitez-en!

Réécriture de l’Histoire américaine par Kara Walker

Mercredi 15 août 2007

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Intriguée par l’ affiche vue dans le magazine gratuit « Métro » présentant l’exposition de la plasticienne Kara Walker, je me rends au musée d’art moderne de la ville de Paris, situé dans le 16ème arrondissement.

Je ne connais pas cette artiste, à part qu’elle est afro-américaine, née en 1969 en Californie et qu’elle se livre à des singuliers photomontages. Je ne me renseigne pas vraiment dessus. Je préfère l’inattendu.. « Mon Ennemi, mon Frère, mon Bourreau, mon Amour »… tout un programme.

Rien ne me préparait à ce que j’allais voir: l’artiste a investi les murs immaculés du musée pour étaler ses compositions de longues silhouettes noires découpées, entre fresques historiques et théâtre d’ombres immobiles.

La finesse et la grâce de certains personnages me séduit en même temps que je ressens déjà devant cette première scène représentée une fascination morbide…Ici, sont rassemblés les principaux protagonistes d’une histoire qu’elle se propose de raconter: celle de l’esclavage. Le maître, la belle, le soldat, la servante, des enfants qui sortent de partout et nulle part… Entre « primitivisme » et référence à la colonne sans fin de Brancusi, c’est « Endless Conundrum, An African Anonymous Adventures ».

Plus loin, dans de petites salles rectangulaires, sont exposés esquisses, notes, dessins à l’encre, à l’aquarelle et la craie. Tour à tour exutoires, traces autobiographiques, réponses à ses détracteurs, provocations lancées envers les Blancs comme les Noirs? Son oeuvre dérange et reste contreversée.

Au travers de sa « négresse », l’artiste évoque la violence et l’ambiguïté des relations maitres – esclaves. Non pour parler d’un passé révolu mais pour réécrire, ajouter une touche personnelle, lever le voile de la honte, dépoussiérer, bousculer, malmener les idées toutes faites véhiculées par certains films.

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Sans concession, elle livre une vision obscène faite de défection, de suicide, de viols… Son oeuvre me gêne par sa sexualité… D’ailleurs me voilà devant sa seconde réalisation en Wall over: maîtres, esclaves, enfants se mêlent curieusement… Je fuis. Encore…

Plus loin, des paysages abstraits projetés au mur et des silhouettes collées ouvrent sur un autre type de création plastique: les films d’animation. Là, elle conte et manipule par des baguettes les mêmes personnages, les mêmes silhouettes noires sur fond blanc. Ici encore, le regard n’est pas épargné: violence, cruauté, sensualité exacerbée… J’ai été surprise par la très grand simplicité de ces réalisations: le drap faisant habituellement écran entre le manipulateur et les personnages est ici si fin que l’on peut voir l’artiste parler et bouger. Comme si K. Walker affirmait sa tout « puissance » de créatrice mais en même temps son impossible retrait de la scène, son impossible anonymat?

D’autres salles présentent son travail d’écriture de poèmes étranges, tels des rages en proses, de textes de « slam » protestataires, milliers de mots lancés comme de multiples poignards. Vers qui?

J’avoue n’avoir pas pu suivre la totalité des films d’animations qui, pour moi, n’étaient que des variations sur les mêmes thèmes: la sexualité forcée, la perversion, l’impunité de l’esclavage ainsi que le jeu de pouvoir. Partout des enfants: fruits de multiples incestes, d’adultères, de viols…

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Je m’attendais naïvement à des photomontages façon Heartfield -que je ne dénigre pas entendons-nous bien! Et, je me suis retrouvée devant une oeuvre dépouillée, extrêmement connotée, engagée, parfois drôle, souvent cynique…

Si cette exposition rend hommage au travail de l’artiste afro-américaine Kara Walker (collages, dessins, peintures, films d’animations, textes), elle actualise la question de l’esclavage, celle des femmes et des enfants et relance le débat sur les liens Blancs-Noirs et Noirs-Blancs… peut-être?

En tout cas, il faut remarquer l’excellent travail de scénographie, les salles successives respectant la force des travaux de l’artiste. Egalement, on ne peut être insensible à la précision du détail , la maitrise du découpage et le savoir-faire graphique.

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Sur l’influence de son oeuvre

Sur l’exposition

L’exposition dure jusqu’au 9 septembre!

Bonne visite

Galierock :l’expo rock de Castelbaljac au Musée Galiera

Dimanche 15 juillet 2007

Jusqu’au 27 juillet 2007:

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Folies de poches, de fermetures éclairs, de matières sécurisantes et de nounours chez Castelbaljac. Le musée Galiera présente pour la première fois des modèles originaux issus des créations pour défilés du couturier français Jean-Charles de Castelbaljac. Une carte blanche pour montrer son univers de couturier à la croisée des genres: mode, design, arts graphiques, musique, cinéma…

L’univers du couturier français se déploie de manière colorée et généreuse sur quatre salles: la première a des murs couverts de miroirs. Elle est occupée par un énorme cube et baignée dans des lumières aux couleurs de l’artiste, un symbole. La seconde présente des vêtements, tableaux et sculptures, toutes sortes d’objets souvent patrimoniaux qui l’ont influencé et fasciné. Les salles suivantes sont celles que j’ai préférées: dans la troisième, la collection des « robes-objets ». Elles rendent hommage à des personnalités du cinéma, de la musique, des arts plastiques, de la littérature… Ainsi, on peut voir des robes « Jimi Hendrix », « Vanessa Paradis », « Marilyn Monroe », « Jean-Paul Sartre », « Mickey »…. En face, des robes-manteaux, des capes multipoches réversibles, des vestes-Converses… aux couleurs franches, blanc, bleu, jaune, noir, rouge et vert. Sur les murs, de grandes photos d’hommes et de femmes représentatifs des milieux underground, néo-punk par exemple. Au fond de la salle, un immense trône…rose!

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La dernière salle, la plus grande, est très riche. Sur un podium central, sont exposés des robes et des manteaux aux coupes farfelues, dans des matières surprenantes, à la fois sexy, drôles, bizarres et certainement très confortables, comme ce magnifique manteau rouge qui permet grâce à ses innombrables poches de partir partout avec son nécessaire de survie. Autour de la scène aménagée à la manière d’un défilé, d’autres modèles comme une robe-duvet, une robe en toile de parachute…Pendant la visite, sont diffusés des morceaux choisis des défilés du couturier, ainsi que des interviews. Sur les murs, des toiles de jeunes graphistes et plasticiens, connus de l’artiste.

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Celui-ci explique sa démarche: obsédé par la sécurité, le confort, il crée des modèles qui deviennent des protections idéales contre les dangers de la vie citadine quels qu’ils soient, qui isole avec raffinement des froids polaires des mégalopoles… Il conçoit des modèles tout en douceur, comme un manteau-nounours, des vêtements pratiques, comme un manteau « modulable », ingénieux système pour aimer son pardessus quelle que soit son humeur…

J’avoue avoir été surprise par une telle liberté. Jean-Charles de Castelbajac emprunte et détourne des icônes de la société moderne. Jamais vraiment sorti de l’enfance, il a fabriqué pendant 40 ans un style plein de fantaisie et de drôlerie, composé de formes simples et ludiques.

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Petit plus: le musée propose des ateliers de création pour le jeune public : les enfants peuvent notamment y apprendre comment customiser leurs petites affaires à la manière du grand couturier.

Mais, une visite vaut mieux que tous les discours, alors dépêchez-vous d’y faire un saut.

Pour se préparer, voici deux adresses de sites:

Pour des infos sur l’expo (et le musée)

Pour des infos sur J.-C. de Castelbajac

Bonne visite

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Des messagers au Centre Pompidou

Dimanche 15 juillet 2007

 

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Commencée le 6 juin dernier, l’exposition au Centre Pompidou de l’artiste contemporaine française Annette Messager m’a effrayée et séduite en même temps.

Elle débute dès l’entrée du Centre: alors que je faisais la queue pour acheter mon billet, j’entends comme un bruit de chute. Je me retourne et vois alors d’énormes formes comme des agrégats de membres divers, prisonniers d’un filet noir, tomber sur un sol recouvert de traversins, entre lesquels passe un petit mobile. La visite promet d’être singulière, à la hauteur de l’Oeuvre de l’artiste qui mêle avec fantaisie et étrangeté, art et science, choses intimes et expériences universelles…

Différents espaces présentent ses montages de pantins désarticulés, ses figures d’ombres chinoises, ses boudins-messages de tissus, mais aussi ses photographies-tatouages… Autant de facettes de la personnalité de cette plasticienne influencée par le mouvement surréaliste des Avant-gardes et par le mouvement féministe des années 1960-70.

Tour à tour, je regarde au plafond des pantins fous qui s’agitent, dans une vitrine des oiseaux empaillés, dans un espace clos des boules noires semblables à des araignées de cheveux arrachés qui volent, contre le mur des robes sous verre ou encore, par de petites « fenêtres « aménagées dans les murs, une collection de photographies, de dessins et de carnets amassés comme des souvenirs. Plus loin, je me retrouve nez à nez avec des figures noires, encore, étranges, objets fantastiques et à la fois familiers projetant des ombres au mur, semblables à des dessins esquissés au lavis…. Plus tard, je découvre dans une vaste salle des formes de tissus gonflées, que l’artiste appelle « Gonflés-dégonflés », dizaine d’organes sexuels semblant se reposer et attirer la main. Ou encore, des mètres de satin rouge s’élevant et s’abaissant au rythme d’une respiration…

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J’ai dû plusieurs fois résister à la tentation de toucher la matière qui recouvre là, un vieux Rocking chair, ou ici, une pile de livres et de peluches installés dans un équilibre fragile…. Oui, tout dans cette exposition paraît fragile, flottant, en suspension, délaissé…

J’ai été séduite par la diversité et l’originalité des installations comme celle constituée de crayons plantés dans un mur, qui, hérissé de pointes multicolores, paraît soudain très agressif. J’ai été très sensible à leur pouvoir évocateur, leur rondeur mais je n’ai pu réprimer certains frissons devant « les pensionnaires » et « la ballade des pendus » qui vous accueillent à l’entrée de l’exposition, ou face aux « articulés – désarticulés », pantins hybrides composés de peluches. Les formes et les couleurs des objets cousus par Annette Messager me parlent d’une enfance douce et rêvée, mais aussi de peurs terribles, d’angoisses tétanisantes…J’ai découvert chaque nouvelle réalisation avec surprise, frayeur, délice et parfois inquiétude.

Mais tout cela est très personnel, allez vous-mêmes vous rendre compte sur place. L’exposition dure jusqu’au 17 septembre.

Pour quelques infos sur Annette Messager, vous pouvez consulter par exemple:

- le site du Centre Pompidou sur lequel vous pouvez regarder une vidéo prise durant l’installation de l’exposition

- le site de l’Encyclopédie libre

-un site libre consacré à l’artiste

-un site sur la Biennale de Venise 2005

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Dépêche de dernière minute: les facettes de Lynch.

Samedi 26 mai 2007

Plus qu’un jour, mes chers internautes, pour aller voir l’exposition organisée à Paris par la Fondation Cartier sur David Lynch.

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Vous y trouverez une grande partie de ce qui constitue l’envers du décor: plus de 500 dessins conservés par le réalisateur depuis son enfance, une série de toiles mettant en scène un personnage inventé prénommé Bob, une autre série faites de photomontages à partir de photographies érotiques datant de plus d’un siècle, trois courts métrages ainsi que plusieurs épisodes de son dessin animé Dumbland (2002), des clichés en couleurs de femmes, de paysages urbains, ainsi que des travaux faits à l’aquarelle, à l’encre et au fusain, datant de ses années d’étudiant…

Attendez-vous à être singulièrement surpris si vous n’avez jamais été confronté à l’univers pictural, photographique et graphique du réalisateur de Mulholland Drive, pire si vous ne connaissez que très peu son travail cinématographique.

Selon les volontés de Lynch, la fondation Cartier est jusqu’à demain plongée dans une atmosphère pesante, dans laquelle le visiteur est complètement immergé. Luminosité contrôlée, chronologie quasi absente, choc des images, étrangeté des sons, décor transplanté …. le visiteur suspend pendant 1 à deux heures son pas habituel.

Pour ma part, je trouve intéressant de rentrer dans l’univers créatif d’un réalisateur aussi touche-à-tout: peintures, dessins sur des supports différents, de la serviette à la page de carnet en passant par la pochette d’allumettes, collages, portraits et photographies noir et blanc quasi documentaires. J’ai regretté de ne pas voir quelques-unes des pièces d’ébénisterie qu’il a fabriquées lui-même pour ses films. Par contre, j’ai eu quelques difficultés avec ses peintures car les collages audacieux sont particulièrement violents, les matières semblent purulentes, les chairs mortes, les objets infestés… On s’attend à voir surgir à tout moment un oeil mécanique qui vous fixe ou tomber des fragments de collages tant tout cela à l’air d’avoir été égorgé hier… Les photomontages rappellent très fortement les recherches sur le corps féminin auxquelles se livrait l’artiste surréaliste d’origine allemande Hans Bellmer, auquel j’avais déjà consacré un article. Les photographies noir et blanc reflètent une vraie recherche de composition avec la lumière, les verticales et horizontales que dessine le paysage citadin, l’ensemble parait pris de travers, comme penché. Les portraits mettent en scène l’archétype féminin de Lynch, bouches et ongles rouges, sensualité et fragmentation. Les cadrages défigurent parfois le modèle, qui disparait pour ne constituer qu’un ensemble de lignes abstraites…

C’est pour le moins dépaysant.

signature emma.jpg Bonne visite.

Visite de Galerie : mode d’emploi

Samedi 26 mai 2007

Certains comme moi continuent de penser que l’univers des galeries est « réservé ». Réservé à qui? Réservé pour quoi? Peut-être à ces hommes et ces femmes qui sont les seuls à pouvoir apprécier l’art en s’empiffrant de petits fours, avec classe…

Il est vrai qu’aujourd’hui, la galerie semble être le passage obligé pour tout jeune artiste. Mais est-ce le passage obligé pour tout amateur d’art qui cherche à rester informé de l’actualité artistique? Mais du coup, que trouve-t-on dans ces clubs sélects? A vrai dire, tout et n’importe quoi, autant de genres que de goûts dans le monde. Pour se faire une idée, il faut voir le salon annuel de la FIAC où le vulgaire se dispute le sublime et l’originalité. Mais qu’ont les galeristes dans les yeux? Des prunelles, oui bon. Ce que je voulais dire, c’est comment choisissent-ils leurs jeunes talents, sur quels critères : l’épaisseur de la couche de peinture recouvrant la toile, le message le plus obscure, le style le plus académique ou la présence balbutiante d’une sorte de recherche avant-gardiste et d’une originalité qui n’auraient besoin que d’un petit soutien financier pour éclore? On se questionne encore en hauts-lieux…

Forte de ces convictions, je me suis tenue éloignée de cet univers avec une sorte de mépris – masquant surtout une certaine frustration. Ma curiosité un peu maladive n’avait pas réussi à m’y faire entrer. La solution: y traîner une bonne âme peut-être.

Si, à votre tour, vous vous décidez enfin à entrer dans une galerie, sachez que deux effets sont alors possibles. Soit le galeriste est aimable et vous dit bonjour sans arrière-pensées. Et là, transportée de joie et de fierté, vous osez vous intéresser à ce qu’il présente, mieux à discuter avec lui. C’est assez rare. Deuxième effet possible, le galeriste ne vous voit même pas. Pas de panique: soit en un coup d’oeil fugace et invisible, il vous a jaugée et étiquetée « trop pauvre » pour acheter quoique ce soit, même pas le carton d’invitation du vernissage. Soit, il est tellement inspiré parce qu’il fait -mon oeil!- et il ne vous a pas vue. Et alors, pareil, pas de panique, vous affectez un air, de celle qui s’y connaît, on ne vous la fait pas à vous, vous baignez comme un poisson dans l’eau. D’ailleurs, ce point noir minuscule sur cette toile blanche vous inspire tout-à-coup?

Vous êtes toujours là? Alors,voici quelques conseils qui ont fait leurs preuves. Ils vont vous permettre d’aller partout et d’avoir toujours l’air de vouloir acheter ou exposer.

Habillez-vous simplement, si vous sortez votre tenue du dimanche dans laquelle vous êtes engoncée et n’osez bouger de peur de faire craquer une couture ou sauter un bouton, vous allez tout rater. Et en plus, avec cette fameuse tenue, vous vous êtes toujours trouvée moche. Cirer négligemment vos chaussures, genre vous en prenez soin mais vous n’êtes pas une fétichiste qui comme moi, garde, les chaussures dans leurs boîtes en attendant les bonnes occasions qui ne se présentent jamais pour les sortir. De toute manière, elles s’abîmeraient… Vous voyez le genre. A bannir!

Seule ou avec une amie vous voulez entrer dans une galerie -si vous n’avez pas d’amie demandez à la voisine ou louez-en une, c’est indispensable. La porte est fermée. Il y a peut-être une sonnette? Oui. Allez-y franchement, vous ne dérangez pas, elle est là pour cela. Ensuite, sûre de vous (vous vous êtes entraînée des mois durant à ouvrir une porte avec assurance, vous maîtrisez) , vous entrez.

Bon, pas la peine, de bramer que vous êtes entrée, on sait que vous êtes là, vous avez sonné ! Ne murmurez pas non plus, vous êtes dans une galerie pas dans une église. Bon, vous avez dit bonjour très poliment mais haut et distinctement, les pensées claires, s’énoncent clairement, peuvent se hurler à l’occasion, mais ici, nul besoin.. Vous êtes là, le galeriste doit faire avec votre présence.

Plusieurs attitudes possibles du galeriste (petits rappels) et conseils de survie en sa compagnie:

-il se lève et vient à votre rencontre. Ne vous sauvez pas et agrippée avec douceur au bras de votre amie en location, vous vous dirigez l’air de rien vers le premier objet qui tombe sous vos yeux. Non, pas l’extincteur, le tableau au-dessus. Bien. Le galeriste respectera la transe dans laquelle vous êtes entrée en regardant cette oeuvre magnifique. Dignement, vous vous recueillez devant et songer à l’artiste avec compassion et ouverture d’esprit -tout le monde ne peut pas être saine d’esprit comme vous.

-Le galeriste ne se lève pas. D’ailleurs, où est-il celui-là, vous avez daigné rentrer dans son boui-boui quand même! Ce n’est pas rien. Surtout ne vous vexez pas, certains galeristes ont peur des visiteurs. Du coup, vous prenez cette fois bien le temps de regarder les oeuvres et très positivement, vous trouverez que franchement pas de quoi casser deux briques sur la tête d’un canard jaune. Prenez votre air le plus supérieur, si, si on peut avoir l’air hautaine même si on fait 1m58 ! Mettez des talons si besoin. Satisfaite, vous sortez sans dire au revoir. Par contre, vous notez bien l’adresse de la galerie, histoire de ne pas y retournez présenter vos travaux, on pourrait se souvenir de vous, le galeriste est une espèce rancunière.

-Le galeriste est pratiquement à côté de vous! Misère, vous vous êtes trompée ! Vous êtes dans un magasin de chaussures et vous vous en êtes déjà acheté une paire hier, dommage. Vous sortez avec dignité et ne donnerez à personne les cordonnées de cette indigne galerie… du pied.

-Le galeriste vous a vue, il vous a regardée et vous avez eu soudain la sensation étrange de passer une radiographie. Encore, je le répète, ne paniquez pas. C’est une attitude de certains pour savoir combien d’argent vous êtes prête à dépenser. Laissez-les faire, s’ils croient que ça va vous décourager! Mais non, ne sortez pas! Dites-vous qu’heureusement, il n’y pas QUE les riches qui s’offrent de l’art, il y a aussi ceux qui ont mauvais goût -parfois ça revient au-même. Donc, tout le monde à sa chance. En économisant sur vos Assedic, vous pourrez acheter le cadre. C’est déjà ça et qui sait, un jour, vous rentrerez dans une galerie où vous avez 1000 fois bavé devant le même tableau, et vous pourrez enfin vous l’achetez. On n’est pas au paradis ?! Donc, sachant cela, vous vous laissez scanner tout en vous déportant légèrement vers l’objet de votre curiosité: cette drôle de petite figurine en bronze montée sur de longues tiges de fer qui vous intéresse sincèrement (bon, là, je me projette.)

Une petite note sur votre démarche. Y avez-vous pensé? Ne marchez pas comme si vous étiez dans une allée de cimetière ou dans un centre commercial pendant les soldes, prenez votre temps. Sauf, si vraiment ça ne vous plait pas, sauvez-vous. Pas de temps pour regarder ce qui ne vous correspond pas. Regarder une oeuvre d’art doit rester une vraie délectation pour les sens.

Ah, oui très important, comment regarder une oeuvre, me demandez-vous ? Pas la peine de potasser un manuel d’histoire de l’art contemporain ou un lexique des arts visuels pendant un an, pour entrer dans une galerie. Beaucoup d’artistes sont autodidactes et se foutent bien de savoir dans quel tiroir l’Histoire a fini ou finira par les ranger (quoique??) Ils s’expriment et c’est ce qui compte. Certains le font mieux que d’autres. Donc, d’abord laissez parler votre coeur et très très très accessoirement votre bouche. Pourquoi, malheur, un amateur averti garde ses impressions pour lui. Tout au plus, il gribouille sur le livre d’or « un merci pour toutes ces belles choses que vous nous montrez » et signe rapidement sans être vu. Le galeriste est une espèce qui a bonne mémoire, on ne sait jamais, il pourrait vous rechercher (oh je m’éloigne de mon propos.)

Si vous entrez dans la galerie, pendant un vernissage, vous allez entendre des commentaires, des grands mots dits avec moulinets du bras et postillions de bouches chargées de petits gâteaux apéritifs. Ne vous effrayez pas, restez vous-mêmes, ne dites rien, écoutez sentencieusement. Parfois, c’est riche d’enseignements. Des mouvements artistiques ont été baptisés dans des galeries. Souvent, c’est n’importe quoi, mais bon, soyez un peu commère, sans ça, vous allez vous ennuyer. Vous pouvez aussi ne rien écouter et fuir pour revenir plus tard. Avant, regardez bien les gens avec qui vous êtes, les chaussures surtout et riez intérieurement, les riches alors!!!

Maintenant que vous avez bien ri, vous êtes fin prête pour visiter les galeries et autres lieux d’art contemporain. Pour trouver les bonnes adresses , voici quelques pistes:

-Le guide France, les 485 lieux de l’art contemporain;

-La revue bimestrielle Azart, pour les expos en Province notamment mais pas seulement;

- le site des galeries, mode d’emploi : http://www. galeriesmodedemploi.com

- l’actualité des arts à Paris, en province et dans les grandes villes du monde sur http://www.lemondedesarts.com/Actuagalmda.htm

signature emma.jpg Bonne visite….

 

Zadorine à la Galerie Frédéric Got Fine Art (Paris)

Dimanche 13 août 2006

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Vous n’avez plus que quelques jours pour la voir, alors précipitez-vous à l’exposition de l’artiste russe Andrei Zadorine présentée jusqu’au 15 août 2006 à la Galerie Frédéric Got Fine Art (64, rue Saint Louis en l’Ile à Paris).

L’accueil de la galerie est un petit peu froid, mais les artistes exposés méritent le déplacement. En dehors de l’exposition Zadorine, vous pourrez admirer le travail des sculpteurs Jacques Le Bescond, Inbar Tolla, Carlos Mata et Ruth Bloch, ainsi que les toiles de Normunds Braslins, Rémi Bourquin, Pierre-Jean Couarraze, Roman Zazlonov et de bien d’autres encore…

Le travail de Zadorine est très fin. Sa peinture réaliste nous évoque de vieilles photos des années 50, et l’ensemble de ses oeuvres baignent dans une lumière d’ocres et de camaïeux. La mise en scène de l’exposition est impeccable et le choix de l’encadrement valorise vraiment les toiles de l’artiste.

Les scultures éparses de Tolla attirent tout de suite l’oeil du visiteur. Imaginez des petits ou très grands personnages en bronze défiant la gravité dans de grands mouvements fluides. Pour moi, ce fut le coup de coeur immédiat!

Voilà, je ne vais pas vous faire l’inventaire complet des artistes exposés! Je préfère vous inviter à vous rendre à la galerie pour découvrir leurs travaux, et en plus, comme c’est une galerie, ça ne vous coûtera pas un cent pour les admirer!

Pour plus d’informations sur les artistes presentés, promenez-vous sur le site de la galerie!

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Entre figuration et abstraction : deux expositions au MAM du Centre G. Pompidou

Vendredi 11 août 2006

Beaucoup pensent ne rien comprendre à l’art abstrait. Mais l’art abstrait ne se comprend pas, il se ressent. C’est un art de la couleur qui, au moyen de formes, de matériaux et de supports particuliers cherche à susciter une émotion, transmettre un message ou simplement se montrer pour lui-même, au-travers des mouvances et des métamorphoses de sa propre matière.
Cela, je l’ai appris à force de côtoyer des oeuvres « difficiles » d’accès relevant de l’art minimaliste, du Monochrome, et des expressionnismes abstrait et géométrique notamment. La consultation d’ouvrages comme certains écrits de V. Kandinsky m’a aussi fourni « quelques explications ». L’artiste d’origine russe y coucha les réflexions esthétiques nées de ses recherches plastiques et proposa dans les années 1910 une « théorie de l’art abstrait. » Il montra notamment comment partant d’un travail figuratif, nourri par ses origines, il se débarrassa progressivement de la forme pour révéler la spiritualité de sa peinture.

*

Tout ça pour vous dire que les deux expositions dont je vais vous parler rapidement, restent intéressantes à voir si vous avez un peu de temps pendant l’été, même si vous avez peu d’affinités avec l’art abstrait. Il s’agit de deux manifestations montrant une infime partie de l’oeuvre de deux artistes français non figuratifs (et pourtant!): Jean Bazaine et Alfred Menassier. Elles durent jusqu’au 11 septembre 2006 et comportent toutes deux des travaux graphiques et des toiles de grand format.
Chez Bazaine, on sent le progressif détachement de la figure et la réduction de la forme à son intuition ou son image « résiduelle ». Le travail artistique de Manessier est lui d’ inspiration profondément religieuse et en lien avec une nature longuement observée.

 

 

Jean Bazaine
Exposition d’ « Oeuvres reçues en dation »

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Elle comporte de nombreux travaux issus de diverses techniques graphiques ainsi que quelques aquarelles et des oeuvres à la peinture à l’huile.

 

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« Saint-Guénolé »

Travaux à l’ aquarelle et l’encre de chine à la plume (1960 à 1966)

Les réalisations graphiques ressemblent à des griffonnages un peu désordonnés où se devinent des paysages marins (« Finistère« …)

La plume plongée dans l’encre sert à dessiner des paysages agités, la gouache à tracer des gestes de danse, le pinceau, des études d’arbres…

Les aquarelles, comme autant de lavis mauves et bleutés, impriment et parlent d’un mouvement singulier.

Enfin, dans les peintures à l’huile s’organisent et laissent s’interpénétrer des touches colorées. Les coups de pinceaux semblent courir sur le support et la matière picturale est épaisse, presque brute.

Une présentation chronologique guide le visiteur. Il suit l’évolution du travail de l’artiste dans ses expérimentations et ses égarements mais aussi dans la relation que son oeuvre entretenait avec l’écriture. Une trentaine d’oeuvres est ainsi proposée au regard. Prenez le temps d’en faire la visite dans les deux sens, c’est assez surprenant.

Biographie critique de Jean Bazaine

Infos pratiques sur l’exposition

Alfred Manessier
« Dations et dons aux collections nationales »

 

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Une vingtaine d’oeuvres picturales et graphiques est présentée dans un espace savamment mis en scène.

Les toiles de taille relativement imposante se regardent de loin comme de près. De loin, la mosaïque de taches et les entrelacs de touches colorées se révèlent vibrants. De près, la matière très épaisse se montre tout à tour luisante, forte, rugueuse, mate, sableuse brillante… On toucherait bien pour voir si le doigt s’enfonce dans cette matière vivante, creuser voir ce qu’il y a derrière… C’est un foisonnement de couleurs, sous-tendu par la recherche d’un certain équilibre chromatique et d’une figuration. Dans une atmosphère souvent sombre, irradie la couleur.
Certains tableaux font référence à des personnage historiques qui sont pour Manessier autant d’avatars du Christ par leur combat (« Hommage à M.L. King »…) D’autres cherchent à représenter une nature sensible. Partout, un mysticisme évident.
Des oeuvres assez dynamiques réalisées au fusain sur papier reprennent certains motifs des oeuvres picturales comme des prolongements ou des esquisses.

Infos pratiques sur l’exposition

Biographie critique de l’artiste

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Je n’en dirai pas plus de peur de vous influencer. N’étant pas historienne de l’art, je ne vous ferai pas de biographie ni de compte-rendu critique sur un style ou une oeuvre en particulier, ce serait risquer de dire n’importe quoi. De plus, il existe une littérature assez facile à trouver sur les deux artistes. Enfin, comme je le disais au début, c’est un art de la sensation…

Allez-y en curieux, le coeur et les yeux grands ouverts. N’oublier pas de jouer, de jouer avec les impressions que ces travaux vous évoquent, car l’art ne doit pas devenir une histoire trop sérieuse. Et tant pis si au bout du compte, elles ne vous évoquent rien. Il n’y a rien de pire que de détester sans avoir essayer.

 

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A manquer absolument !

Vendredi 4 août 2006

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Si vous vous promenez dans certains quartiers de Paris, que vous laissez vagabonder votre regard sur ses vitrines et ses murs, vous tomberez sûrement sur une affiche alléchante. Une toile d’un artiste très connu est reproduite et les coordonnées de la galerie sont notées dessous. L’événement se déroule du 15 juillet au 15 septembre. Elle semble proposer une exposition de René Magritte? Vous savez l’artiste surréaliste qui peignait des hommes coiffés de chapeaux melons, des pommes, des nuages dans des oiseaux….

Evidemment, vous êtes ravi car vous avez manqué l’excellente rétrospective organisée par la Galerie du Jeu de Paume en 2003, ainsi que l’exposition que proposait le Musée Maillol en 2006 sur ses oeuvres sur papier. Ou bien, vous n’avez rien manqué du tout mais en admirateur du peintre belge, vous ne voulez rien rater le concernant.

Pas de site web concernant cette Galerie – la Galerie Saint-Honoré pour ne pas la nommer. Donc, vous êtes obligés de vous déplacer et d’aller voir par vous même de quoi il retourne. Quand on a peu de temps devant soi ou simplement qu’on essaie de bien le gérer, c’est un mauvais point pour le lieu. Vous appelez, histoire de vous assurer que vous n’avez pas eu la berlue et que le lieu et la manifestation – si manifestation il y a – existent réellement. Silence radio au bout du fil…

Nous nous sommes déplacés pour vous. Et bien, franchement, on aurait pu s’abstenir. La galerie est minuscule, surchargée d’objets d’art : certainement des copies. On reconnaît des travaux de S. Dali, de N. de Saint-Phalle, de J. Miro… On voit aussi … des oeuvres de Magritte, des oeuvres sérigraphiées en fait !!!! Bon, au début, un peu étonnés, nous avons poussé la curiosité jusqu’au fond du « Village Saint-Honoré« . Mes amis, bonjour tristesse. Au final, nous avons vu une galerie où s’entassaient pêle-mêle des ersatz d’oeuvres connues. Heureusement que les vitres étaient propres, car évidemment le galeriste était planqué sous son bureau aux heures d’ouverture, ou bien de rage, s’était enfermé à l’intérieur et avait avalé la clé. Vous l’aurez compris, nous avons visité le tout de l’extérieur. Nous sommes partis la queue entre les jambes, profondément meurtris par un tel manque de professionnalisme, que dis-je devant une telle fumisterie!

Vous m’objecterez peut-être que rien n’annonçait une exposition. Mais en voyant l’affiche, de quoi d’autre pouvait-il s’agir, nous vous le demandons droit dans les yeux!! Il existe en effet de nombreuses galeries qui vendent des travaux d’artistes célèbres, pourquoi pas celle-là!
Alors, opération commerciale, ou coup de poker d’un jeune galeriste sans scrupule ou complètement ignare? Nous ne le saurons jamais d’autant que nous n’avons absolument pas envie d’en savoir plus, vu que ça ne nous intéresse franchement plus.

Bon sur ce bonsoir chez vous et méfiez-vous des contrefaçons!

Pour des infos sur l’artiste et sur les deux dernières expositions françaises, vous pouvez consulter les sites suivants:

Sur René Magritte

Magritte Tout en papier

Magritte Rétrospective à la Galerie du Jeu de Paume

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