Hans Bellmer au Centre G.Pompidou

15 juin 2006
Bellmer1.jpg Il y a quatorze ans, j’ai découvert l’ artiste Hans Bellmer, peut-être au détour d’un livre sur le surréalisme, mouvement artistique qui m’intéressait fortement à l’époque.

Quand j’ai appris quelques quinze années plus tard que le Centre Georges Pompidou proposait une grand rétrospective, j’ai bondi. Je suis allée à la Conférence que le Centre organisait ainsi qu’à l’exposition. Une joie fébrile mêlée d’angoisse m’a étreinte quand j’ai vu son oeuvre, enfin, commentée. Je connaissais déjà ses scultpures mais pas ses gravures ni ses remarquables dessins.

La conférence rassemblait plusieurs spécialistes en art, d’origine européenne et une comédienne qui lisait des morceaux choisis de l’oeuvre écrit d’Hans Bellmer. Tout à tour, les intervenant présentaient un artiste passionné par le corps féminin, intransigeant et sans concession par rapport à son oeuvre et sa démarche artistique. Très vite mis dans la catégorie des pornographes, H. Bellmer mis du temps à imposer sa vision de la femme, sujet central de son oeuvre. Pour lui, la femme doit être montrée de l’intérieur grâce à la force imaginative de l’esprit créateur qui l’aime totalement jusqu’à vénérer ses organes. Là, où de nombreux artistes proposent un regard détourné, faussement pudique sur le corps d’une femme allongée, en usant d’artifices de mise en scène, l’artiste surréalise, lui, préferre une représentation raccourcie, polymorphe et bizarre. Je suis sortie éblouie et grisée car je sentais qu’enfin je comprenais pourquoi cet artiste provoquait une telle attraction sur moi. Le goût pour la perversion ou la transgession?

L’exposition présentait les dessins, les gravures, les assemblages, les sculptures, les photographies et les collections d’objets produits par l’artiste.

Bellmer2.jpg

La représention sexuelle est manifeste: des fesses, des seins, des vagins et des pénis brandis frappent d’abord. Si le curieux pousse un peu plus loin, il découvre alors derrière les corps un art du désir et de l’amour charnel. Il s’aperçoit aussi de la grande fertilité et de la diversité de la création de cet artiste français d’origine allemande dont l’oeuvre pris un tournant avec l’avènement d’Hitler au pouvoir.

Sa poupée grandeur nature date de cette époque, comme le symbole d’une contestation sourde mais violente de la manipulation politique.

Bellmer3.jpg

Puis, la poupée devient un manifeste et une démarche artistique. Les différents dessins, réalisés à l’encre, à la craie et à la gouache surtout, montrent une certaine dextérité, les peintures des procédés picturaux originaux comme la décalcomanie. Les sulptures sont des morceaux choisis des différentes désarticulations qu’il faut subir à l’anatomie féminine. Enfin, les photographies mettent en scène un être à quatre jambes ou bras, où le tronc se fait curieusement absent. La femme est d’une beauté froide, troublante, obsédante.

top.jpg

Toute son oeuvre transpire pour moi d’une sensualité perverse, gangrénée par un regard voyeur. Un travail remarquable s’il on arrive à faire abstraction qu’il semble s’agir finalement que d’une histoire de cul!

top1.jpg

A se procurer si cela vous intéresse le très beau catalogue d’exposition, réalisé par le Centre Pompidou: « Hans Bellmer, anatomie du désir », éd.Gallimard/ Centre Pompidou, env. 35 euros. Il comporte notamment une bibliographie très riche sur l’artiste, dont malheureusement certains livres restent difficiles à trouver.
Liens éventuels:

http://www.feugereux.info/b3/bellmer.htm

signature emma.jpg

H. Troyat a dit…

15 juin 2006

zen1.jpg

Il est des êtres dont le rayonnement vous éclaire et vous aide à prendre conscience de votre propre moi. (Henri Troyat, romancier français d’origine russe.)

Guillaume Bouzard

15 juin 2006

bouzard.jpg Connaissez vous Plageman, Superpennack, Coin Coin l’homme manchot empereur, Piebot ou encore Ricou et Bigou? Non?! Alors c’est que vous ne connaissez toujours pas Guillaume Bouzard ! Génial papa de tous ses personnages ! Jeune auteur né en 1968 à Paris, il suit ses études aux beaux-arts de Toulouse où il rencontre Pierre Druilhe avec qui il commettra « Les Pauvres Types de l’espace ». Album écrit à 4 mains puisqu’ils alternèrent chacun leur tour une page de l’histoire. Suite à cela, on retrouve la production de Bouzard essentiellement dans le milieu du fanzine.

Après de nombreuse expériences graphiques, le style Bouzard s’affiche par un humour débridé, crétin et sans concession, véritable génie de la BD underground !

Ma première découverte de Bouzard fut dans le magazine Jade avec sa série « Plageman », et je me souviens alors avoir été mort de rire, d’un de ces rires qui ne s’arrête plus !

plagemantome01.jpg plagemancouv02.jpg plageman.jpg

Plageman sorte d’anti-héros pas doué, mais très déterminé, va partir en croisade contre les méchants comme, les beaufs, les enfants casse-couilles, les vigiles de supermarché, en leur administrant sa justice à grand coup de super-pouvoirs (avec plus ou moins, mais plutôt moins, de succès! ) Avec ses gags graveleux, crétins et grinçants, autant vous le dire carrément « Plageman » c’est la BD à vous pisser dessus… de rire !!!

theautobiographyofmetoo.jpg TheAutobiographyOfMeToo2_22042005.jpg

Ensuite à la manière de nombreux de ses contemporains (Larcenet, Trondheim, Dupuy et Berberian ), Bouzard se raconte à travers les albums « Autobiography of me too », mais à la différence que l’autobiographie n’est qu’un prétexte pour créer des situations extravagantes et surtout très drôles ! Les histoires qu’il raconte évoluent selon ses humeurs, ses préoccupations ou ses délires (exemples de « Ramon » super-héros dirigé par son membre !) Pour les amateurs de bières, de Motorhead, de chien jardinier, cette BD est pour vous, humour garantie 100% naturel.

Je pourrais vous conseiler tous les albums de Bouzard pendant de nombreuses pages, mais je vais pas trop vous prendre la tête. Mon meilleur conseil, c’est de vous procurer ses albums au plus vite !

A noter pour les fans de Larcenet et de Bouzard qu’ils préparent un album en collaboration !

coincoinlhommemanchotempereur.jpg  ClubDesQuatreLe1_17042005.jpg  pauvrestypesespace_20022002.jpg  

Pour ceux que ça intéresse, voici quelques repères bibliographiques de Bouzard :

Coincoin, l’homme manchot empereur, (6 Pieds sous terre, 2005) - Autobiography of me too two (Les requins marteaux, 2005) - Le bras qui bouge (avec Jeff Pourquié – Audie, 2005) - Le club des quatre joue la gagne (Audie, 2005) - Autobiography of me too (Les requins marteaux, 2004) – Ricou & Bigou (Les requins marteaux, 2003) – Plageman, le deux (6 Pieds sous terre, 2000) – Sponge comix (en collaboration avec Pierre Druilhe & Mattt Konture - 6 Pieds sous terre, 2000) – Plageman, l’homme plage (6 Pieds sous terre,1997) - Bestioles (en collaboration avec Moulinex – Les Requins marteaux, 1996) – Les Pauvres types de l’espace (en collaboration avec Pierre Druilhe – 6 Pieds sous terre, 1995) (réédition, 2005) - La Nuit du canard Garou (Les Requins marteaux, 1994)

toma bonjour chez vous.jpg

La création d’HEMATOME !

15 juin 2006

episode1.jpg

toma bonjour chez vous.jpg

Les travaux photos de TOTO

15 juin 2006

Parmi mes démarches tistiques, et grâce à l’acquisition récente d’un appareil photo numérique, je m’amuse à retoucher, détourner, ou redessiner les photos que je prends.

Mon sujet de prédilection étant ma douce compagne!

Mon travail est largement inspiré de certaines époques comme les années 1900, 1950, 1970, ou 1980. Ces années ont une résonance chez moi, par les courants artistiques de l’époque, que ce soit par la peinture, l’illustration, la photo, ou la propagande et la publicité ! J’aime le coté rétro, vieillot, ou moisis de ces œuvres.

Voici donc quelques morceaux choisis ! :

emma jones.jpgemma propagande.jpg

toma bonjour chez vous.jpg

Initiative « Traversée d’Art » à Saint-Ouen

15 juin 2006
art5.jpg

Du 9 mai au 10 juin 2006, la ville de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis a ouvert ses lieux culturels pour présenter la production d’artistes audoniens sélectionnés par un jury.

« Traversée d’art » est la première initiative d’un genre nouveau et se déclinait en trois volets : Grains /pixels, Pigments/matières et expressions libres
Trois lieux pour trois thématiques picturales donc. A cette occasion, les artistes vivant à Saint-Ouen, qu’ils soient photographes, peintres, sculpteurs ou vidéastes, ont ouvert leurs ateliers de travail. Une bonne manière pour les curieux, les sceptiques et les passionnés de voir et de comprendre des démarches artistiques singulières.

Je suis allée visiter deux des expositions proposées.
art3.jpg

« Pigments/ matières » se déclinait très différemment d’un artiste à l’autre : ici, la silhouette d’un papillon peint sur fond blanc ouvre son corps qui sert de support à un discours écologique, là de la silicone peinte est coincée de manière très suggestive entre divers matériaux, ailleurs un entrelac de bandeaux muticolores, peints à l’acrylique enserre un cube en bois dans une embrassade érotique métaphorisée…
« Grains/pixels » proposait des démarches plus insolites comme un cahier couvert de lignes au stylo bleu, ou une composition en feuilles de papier de cigarettes sur lesquelles se déploie subtilement l’image d’un arbre en fleur, ou encore une installation mettant en scène les archives de la ville… Autant d’attitudes qui interpellent. Mais, qui?

art2.jpg

J’ai apprécié ces expositions pour leur caractère décalé, par rapport à ce que la ville propose chaque année. En Art, il faut prendre des risques.. Pari tenu notamment sur l’espace d’expo qui a été mis en scène lui aussi. Dans un espace vide, quelques oeuvres se promènent sur des murs blancs, le spectateur découvre que derrière le mur, il y a le mur. Point.

art41.jpg
On aurait dit une galerie. Des critiques ont fusé : pas assez d’oeuvres, pas forcément le meilleur cru… Alors trop contemporaine, l’initiative ou simplement pas suffisamment réfléchie en fonction du public ? La foule ne s’est pas bousculée, paraît-il?…

On le sait, en art, une oeuvre qui n’est pas regardée n’existe pas. Car c’est le regardeur qui fait l’oeuvre d’art disait M. Duchamp… Certains l’ont peut-être oublié.

Quoiqu’il en soit, je suis ravie de cette initiative pour ce qu’elle est, innovante. Les oeuvres proposées ne représentent qu’en certain point de vue, que la municipalité gagnerait à expliciter.
Rendez-vous l’année prochaine?!…

Toutes les infos sur l’actualité de la ville sur:

www.ville-saintouen.fr/

signature emma.jpg

Exposition au Grand Palais du Douanier Rousseau

15 juin 2006

douanier rousseau1.jpg

Je suis allée voir l’exposition du Douanier Rousseau. L’art naïf m’intéresse beaucoup et j’avais eu des échos plutôt positifs concernant cette manifestation, proposée par le Grand Palais.

Douanier3jpg.jpg

A côté de ses productions les plus connues de jungles imaginaires comme « Surpris », de compositions surréalistes comme « Le rêve », ou pleines d’humour comme « Les joueurs de football », on peut voir également quelques portraits. L’exposition propose de mettre en regard son travail et ce qui l’inspira surtout, le Jardin des plantes et son époque.

Grâce à une scénographie plutôt bien équilibrée, utilisant une signalétique simple, lisible et pertinente, le visiteur découvre la personnalité de cet artiste un peu à part et remonte le cours du temps, à l’époque de la Colonisation, de l’Exposition universelle et des innovations technologiques.
Henri Rousseau n’avait pas vocation à devenir peintre, il n’a pas suivi de parcours dit « académique ». Son intérêt s’est porté sur ce qu’il voyait tous les jours et sa peinture révèle son incroyable imagination, sa qualité de metteur en scène, son regard sur son temps et une démarche singulière qui se déclara tardivement, âprement défendue face à de nombreux détracteurs. Et pour cause, beaucoups se sont moqués de la facture maladroite de ses productions, du problème de proportions de ses personnages…

Pourtant, en regardant de plus près, on remarque le souci de la perspective, le grand équilibre dans le choix des couleurs ainsi que la rigeur dans le lien qu’il a tissé d’une oeuvre à l’autre, tant chromatique que sémantique. Les figures surtout des animaux sont nées de ses observations de la faune du Jardin des plantes, l’éxubérance de la végétation presque oppressante aussi. Par contre, les figures humaines sont plutôt grossières, les poses hiératiques et très simplifiées. Pour parler des couleurs, il faut aimer le vert assurément: les camaieux de verts se marient savamment à des ocres, des roses et des fuschias, des orangés et blancs-gris…mais aussi des teintes brunes presque noires parfois.

Douanier1.jpg

La faune se fait hostile, sensuelle et chaude. Elle se fait mystérieuse et sombre comme le regard de « La charmeuse de serpents ». Toutes les informations provenant des colonies de l’époque ainsi que toute la littérature issue de l’engouement pour le voyage et la recherche d’exotisme n’y sont peut-être pas étrangers.

Douanier2.jpg

Présentent aussi des toiles drôles où le peintre se moquait ouvertement d’évenements de la vie publique. Egalement, et elle termine l’exposition, une toile qui valut au peintre l’étiquette d’artiste surréalise « Le rêve » .
Le spectateur voit une femme dans un sofa, posé en plein milieu de la jungle. L’histoire dit que ce sofa serait la réplique de celui du Douanier rousseau. Faut-il voir dans ce tableau, comme la mise en scène d’un fantasme personnel ou un avertissement. Pour en juger, courez voir l’exposition qui se termine dans 4 jours.

Côté livre, le catalogue d’expo est bien fait. La librairie propose des ouvrages pour toutes les bourses et pour tous les niveaux ainsi que de documents audiovisuels. Mais, si on s’interesse plus généralement à l’art naïf comme moi, on est un peu déçu car elle ne possède rien sur le mouvement. Dommage, car il fut le mode d’expression privilégié de certains pays comme ceux de l’Europe de L’Est contemporaine, notamment.

Pour plus d’infos sur le peintre, voir par ex:

http://perso.orange.fr/le_douanier_rousseau/

http://www.rmn.fr/douanier-rousseau/index.htlm

signature emma.jpg

Emilie Simon

12 juin 2006
emilie simon vegetal.jpg Excellent troisième album par la pétillante Emilie. Je suis tombé sous le charme avec le premier album, et son concert à Sannois le 7 avril dernier pour son nouvel album “Végétal”, m’a conquis définitivement.

C’est une sorte de petite Björk à la francaise dans l’univers de l’electro. Elle a su s’entourer de musiciens extraordinaires, qui lui apportent par l’originalité de leurs instruments, ce ptit truc qui vous met une bonne claque! La salle de concert étant très petite et pas surpeuplée (genre l’Olympia), nous avons vraiment pu apprécier le jeu de scène et tout le talent de la ptite Emilie et de ses musicos. Généreuse et magnifique, elle a interprété l’ensemble du dernier album et de quelques uns de ses classiques comme sa fabuleuse reprise des Stooges avec le morceaux ” I wanna be your dog”, mettant toute la salle en transe. Chantant indifféremment en français ou en anglais, sa voix peut faire penser à la chanteuse islandaise Stina Nordenstam. Les textes de ses chansons vous transportent dans son imaginaire un peu Burtonien (voir le clip de “Flowers”). Souhaitons lui qu’elle continue son exploration dans l’électro pendant encore longtemps, et qu’elle reste fidèle à la production de ses débuts!

Pour découvrir son univers musical, je vous recommande de vous promener sur son site, plutôt représentatif du personnage : http://emiliesimon.artistes.universalmusic.fr/

toma bonjour chez vous.jpg

Isolation

12 juin 2006
isolation.jpg Décidément le cinéma d’horreur britannique est en très grande forme cette année! Après le magistral « The Descent » de Neil Marshal, voila que nous arrive de sa campagne irlandaise, « Isolation » le premier film de Billy O’Brien et grand prix du festival de Gerardmer 2006. Ce film crée la surprise par son ambiance oppressante et claustrophobique. Le scénario est assez simple : un exploitant agricole ruiné loue son exploitation à un labo biotechonologique dont le but est d’accroître la fécondation du bétail. Très vite l’expérience dérape, et les conséquences s’avèrent catastrophiques. Après lecture d’un tel scénario on avait le droit d’être sceptique ou de s’attendre à un bon vieux film de série Z, et là non, grosse surprise! La magie s’opère par le jeu impeccable des acteurs du film (inconnu pour ma part!), la justesse des cadrages et les décors glauques d’une exploitation agricole à l’abandon. Tout cela tourné en hiver avec une lumière blafarde et conférant à l’endroit un aspect bien moisi!

Ce traitement n’est pas sans rappeler l’extraordinaire film de Fabrice Du Welz « Calvaire« , mais n’en arrive quand même pas à la cheville!
Le regret que l’on peut avoir c’est que ce film soit peu distribué en salles (comme d’habitude!) au profit de grosses bouses comme le Da Vinci Code!

Alors un seul conseil pour les fans de films de genres, précipitez-vous vite dans les salles avant qu’il ne disparaisse de la toile!

toma bonjour chez vous.jpg

1...1516171819