Un mois d’octobre angoissant avec Alien

1 octobre 2007

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Septembre avec les morts-vivants d’Edgar Wright

4 septembre 2007

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La banlieue c’est pas rose, d’la banlieue j’ai ma dose,… le retour!

21 août 2007

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Il y a un an, j’ai rédigé un post très énervé sur la banlieue dans la catégorie COUP D’GUEULE dont le titre était « La banlieue c’est pas rose, d’la banlieue j’ai ma dose…« Suite à un commentaire assez désobligeant et toujours aussi énervé de voir que rien ne change, j’ai décidé d’écrire une suite à cet article. Mais avant cela, je vous laisse apprécier la teneur du commentaire et de nos réponses adressées à ce sinistre individu :

Commentaire de leglocketmagnum au sujet du post La banlieue c’est pas rose, d’la banlieue j’ai ma dose… :

- espece de peti enculer c’est a cause de qui si on es comme ca?refleci conar

Voici ma réponse :

- Tout d’abord monsieur leglocketmagnum, je tenais à vous féliciter pour votre orthographe et surtout votre élocution! Votre propos est vraiment constructif et interpelle immédiatement le lecteur averti! Non vraiment, cela me fait plaisir d’avoir un témoignage d’un vrai jeune de banlieue qui, on le sent, a des choses intéressantes et importantes à dire! Alors maintenant que vous vous êtes exprimé, laissez-moi vous dire le fond de ma pensée : vous reflétez exactement le type d’individus dévoyés et sans scrupule que je dénonce dans mon article. Vous êtes une vraie caricature haineuse et vociférante incapable du moindre dialogue! Contrairement à vous, je réfléchis quand j’écris. Je trouve facile de se poser en victime comme vous le faites systématiquement! Alors oui, c’est à cause de qui si vous êtes comme ça pour reprendre votre propos? Et bien, de vous-mêmes. Vous êtes sensé être un être humain doué de réflexion, non? A moins que je ne me trompe et que je ne m’adresse à un singe du zoo de Vincennes. Dans ce cas-là, désolé pour ce mail ami macaque! Reprenons donc le dialogue après cette digression! Si vous faisiez un effort pour réfléchir un brin (mais attention à la rupture d’anévrisme!), vous vous rendriez compte que vous n’êtes certainement pas le seul à souffrir d’un système inégal et que si vous vous sentiez un petit peu plus concerné (au lieu de penser à votre petite personne égoïste) vous agiriez en conséquence pour aider à changer les choses plutôt qu’a les empirer. Tous les jeunes de banlieue ne sont heureusement pas tous des caricatures comme vous me semblez l’être! J’en connais quelques-uns qui se bougent pour la cité et qui ont des actions vraiment constructives! Au lieu de vous en prendre aux gens qui habitent la cité (qui se trouvent dans la même situation que vous la plupart du temps!), prenez vos couilles en bandoulière et partez manifester devant l’Elysée, incendiez des voitures de ministres pour vous défouler, car eux, auront les moyens de s’en racheter une! Au lieu d’agresser des gens paisibles qui ne vous dérangent en rien, osez vous en prendre à ceux qui font les lois si vous en êtes capable! Quand on se fait appeler leglocketmagnum, il faut assumer jusqu’au bout son statut de Tony Montana du pauvre! J’espère que mes propos ne vous auront pas choqué et vous feront mieux prendre conscience de l’énervement de mon article sur la banlieue! Je ne me fais aucune illusion quand à une éventuelle réponse construite et développée de votre part et laissez-moi vous dire que je ne vous salue pas!

Et maintenant la réponse d’Emma :

- Je me joins à mon ami d’écriture pour m’adresser à toi car je suis perplexe, tu permets que je te tutoies. Laisse-moi d’abord pleurer gentiment sur ton épaule: Mais, qui es-tu? Tu vis où? Tu fais quoi de ta vie? Désolée pour ces indiscrétions mais ta réaction à cet article me fait me poser certaines questions sur toi et ton rapport au monde. Pire, je me demande si tu fais exprès d’avoir l’air d’un gros nase. Tu te forces, là?! Tu sais que des milliers de gens vont te lire, tu aurais pu faire un effort d’écriture! J’ai dû te reprendre à trois fois pour comprendre ce que tu as voulu dire. En fait, tu cries car tu es choqué par l’article, tu vocifères parce que t’as la rage d’être ce que tu es, tu hurles pour quoi en fait? J’ai pas vraiment saisi. Du coup, au lieu de t’accorder un quelconque crédit et d’essayer de te comprendre, je te prends pour un sale roquet. Dommage. Si tu as réagi, c’est que tu voulais t’exprimer, être entendu… Mais, on n’y comprend que dalle à tes borborygmes. Apprends d’abord à aligner deux mots sans faire de fautes et à poser des vrais arguments personnels et percutants, quitte à avoir l’air d’un naïf, d’une fleur bleue, d’un psychopathe… on pourra enfin parler d’homme à homme. Vraiment ton propos, camarade, a failli m’intéresser. Toutefois, pour l’instant, je n’y entends que jérémiades. Ce qu’on écrit nous, on le fait avec nos tripes. Et toi, les tiennes, elles sont passées où? Alors arrête de te donner un genre, mec de banlieue rebelle, bla, bla,bla… t’es plus à la mode. La mode est à l’insurrection intellectuelle. A bientôt.

Ceci étant dit, vous conviendrez avec moi que ce genre de commentaire pousse à ce genre de réponse, non? En tout cas, cet été le bordel nocturne continue, un ramassis de parasites en survet’ pollue la quiétude de nos nuits par sa musique douteuse et merdique. Comme toujours, ce sont les roquets et la racaille qui emmerdent le monde en nous tyrannisant et comme toujours les flics ne peuvent rien faire. Rien ne change ici dans la ville de S(93), c’est déjà pas la panacée d’habiter en HLM, mais quand vous vivez ça à l’année, ça devient carrément l’enfer. Je ne souhaite ça qu’à mon pire ennemi! La petite nouveauté cette année, c’est l’installation d’une caravane en bas de notre immeuble, habitée par cette saleté de racaille. Je vous laisse imaginer le cirque. C’est bien simple, l’entrée de l’immeuble ressemble à une déchetterie. Mais qui paie les charges de l’immeuble? Ce sont des locataires comme nous! Nous payons donc pour les conneries (incendies de poubelle) et le ménage (les ordures répandues systématiquement au bas de l’immeuble, ces mecs n’ont aucune notion d’hygiène en plus!) Nous devons, de surcroît, subir leur présence toute la journée et toute la nuit. Honnêtement, trouvez-vous cela normal de devoir payer pour ces gens? Moi vraiment pas, surtout que la plupart des parasites en question n’habitent même pas l’immeuble! Le comble est que si vous osez vous rebeller, vous êtes harcelé par des insultes en rentrant ou en sortant de chez vous, classe, non? Des vrais rebelles quoi, qui n’ont peur de rien croyez-vous? Que nenni des vraies lopettes. Dès que les flics déboulent, c’est une vrai volée de moineaux! En résumé, voilà des gens qui gagnent leur vie en vendant de la drogue au bas de l’immeuble -sans être inquiétés par les flics au passage! quand ils en chopent un, il ressort 2 jours après. Ils font chier les locataires avec une réelle volonté de nuire, squattent à longueur d’année les halls de HLM et n’ayant pas de nana, doivent se sodomiser sauvagement dans leurs bagnoles (ce qui expliquerait pourquoi ils passent leur temps à brailler!) Le fascisme de ces individus m’amène à des idées de torture et de meurtre!

ATTENTION SEQUENCE DEFOULOIR GRATUIT (âmes sensible s’abstenir) :

J’aimerais vraiment, mais vraiment : Tous les enfermés dans leur caravane et coulé du lisier par le toit pour les étouffer dans la merde. Les énucléer à la p’tite cuillère, passer leurs yeux au mixer et les leur faire bouffer histoire qu’ils fassent une introspection au sens propre du terme. Les obliger à prendre une douche, mais remplacer l’eau par de l’acide, comme ça, je suis sûr qu’ils seraient décrassés. Leur coincer la tête dans des pièges à loup et les laisser s’arracher la face. Leur attacher les tripes, les accrocher à l’arrière de leurs scooters, rouler très vite et lâcher leurs pittbulls après eux! Les enfermer dans leurs bagnoles, souder les portières et les laisser devenir sourds en les forçant à écouter l’intégrale de Céline Dion. Remplacer leur joint par du maïs transgénique pour qu’ils crèvent à petit feu, flippés comme des tarés. Leur couper les couilles, les coller au micro-ondes et leur faire voir quand elles explosent. Les obliger à manger du porc, des saucisses et du pâté et faire péter leur foi et leur foie.

Voila pour cette fois! Mais je pense que tant que nous habiterons dans l’coin, les coups d’gueule se répèteront! Alors à bientôt, pour une prochaine séance de défoulement!

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Cinémal-barré

20 août 2007

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Voila un p’tit moment que je n’ai pas pris la souris et le clavier pour pousser mon coup d’gueule. Et bien me voilà de retour avec mon coup d’boule à la face des dirigeants de l’industrie du cinéma et plus particulièrement des distributeurs!

1er Coup de gueule : Habitué régulier des salles obscures (je vois à peu près 15 à 20 films dans le mois, enfin selon les sorties!) et lecteur assidu du mag-ciné Mad Movies, il m’arrive très souvent d’attendre la sortie en salle de certains films repérés longtemps à l’avance. Alors imaginez ma déception lorsque j’apprends que le film tant attendu n’est pas distribué dans les salles de ma région! Cette année, le phénomène s’est produit avec le film de idiocracy.jpgMike Judge (créateur de la série animé Beavis et Butt-Head) Idiocracy, une histoire d’anticipation cinglante: après une expérience de sommeil cryogénique qui a dérapé, un type moyen se réveille 500 ans plus tard dans un monde où l’humanité a régressé au stade de débile profond. Il devient l’homme le plus intelligent de la planète. Plus récemment pathfinder.jpgPathfinder, un film évoquant la rencontre historique entre les vikings et les amérindiens de Marcus Nispel (réalisateur du remake de The Texas Chainsaw Massacre version 2003) a connu le même sort. Mais il faut savoir que ces 2 films ne sont pas les pires cas de sorties scandaleuses. pusher.jpgEn 2006 la trilogie Pusher du réalisateur danois Nicolas Winding Refn n’est sortie que dans une seule salle dans toute la France, H-O-N-T-E-U-X! En somme et comme toujours, le public doit subir le joug des gens-qui-savent-mieux-que-tout-le-monde pourquoi, comment et quand un film doit sortir ou pas, j’ai nommé LES DISTRIBUTEURS! Tout comme certains critiques cinéma… On se demande s’ ils prennent le temps de voir les films qu’ils saquent. Je pense qu’ils se fient plus à la réputation du film qu’au travail des réalisateurs, des scénaristes ou des acteurs. La preuve, il suffit de regarder les programmations des salles et le temps que certains films restent en salles par rapport à d’autres. Exemple : à l’époque où est sorti ce gros étron qu’est Schrek le troisième, est sorti très discrètement La Traversée du Temps, un magnifique film d’animation japonais du réalisateur Mamoru Hosoda adapté d’un roman de Yasutaka Tsuitsui (l’auteur de Paprika.) Le premier a dû rester à peu près 3 mois en salle tandis que l’autre n’a bénéficié que d’une durée de 2/3 semaines, éloquent n’est-il pas? Mais la dictature des dirigeants du cinéma ne s’arrête pas là, ce qui m’amène à mon deuxième coup de gueule!

2ème Coup de gueule : ecranpleinair.jpgPendant les vacances d’été, vous aurez sûrement remarqué que depuis quelques années, pas mal de communes proposent à leurs habitants des projections de cinéma en plein air gratuit. Le concept est plutôt sympa et original et il plait énormément. C’est aussi un très bon moyen pour offrir la culture pour tous et de promouvoir certains vieux films peu connus ou de revoir des block-busters qui ne passent plus dans les salles. Et bien, à plus ou moins long terme, cette idée pourrait bien disparaitre sous la pression de plus en plus pressante des professionnelles du cinéma. Je m’explique : comment s’organise une séance en plein air dans une ville? Tout d’abord, pour la plupart du temps ce sont les institutions de la ville ou de la région qui mettent en place la manifestation auprès de prestataires de services spécialisés dans la projection de films en plein air. Ensuite, une demande d’autorisation est faite auprès du CNC (Centre National de la Cinématographie) par l’intermédiaire de la DRAC (Direction Régionale des Actions Culturels). Ce système fut mis en place suite à des pressions des exploitants de salles et pour une règlementation sévère des projections publiques non commerciales (à noter que les films proposés pour le plein air sont soit des films classiques, soit des films qui ont plus d’un an d’exploitation en salle et vidéo, ce qui n’est pas une réelle concurrence pour les salles quand on y pense!) Quand la demande d’autorisation est validée, le programme des projections est mis en place. Les films sont commandés par le prestataire de services directement aux distributeurs. Oui, oui, les mêmes distributeurs nommés un peu plus haut dans cet article! Et que font-ils nos chers distributeurs pour promouvoir la culture pour tous? Et bien pour les plus gros comme WARNER , ils facturent 1500€ le prêt de la bobine pour toutes les projections à but non commercial! C’est t’y pas sympa tout ça? Sachant que le catalogue WARNER est un des plus demandés, vous imaginez les possibilités pour les organisateurs? Soient ils paient, soient ils revoient leur programme à la baisse, soient ils changent leur choix de film, pour des films à moins de succès mais aussi moins chers. Si on ne se méfie pas, les petits festivals cinéma de l’été ouvert au public ainsi que les prestataires de projection en plein air pourraient bien être obligés d’arrêter faute de subventions ou sous la pression des industriels du cinéma.

3 ème Coup de gueule : etrangefestivale.jpgL’étrange festival est une manifestation cinéma qui existe maintenant depuis 14 ans sur la ville de Paris et plus récemment sur la ville de Strasbourg. Le but de ce festival est de faire découvrir un cinéma marginal en proposant des films décalés, excentriques, ou bien barrés et des rencontres avec ceux qui les font ou qui les interprètent. C’est ainsi que la plupart des passionnés de cinéma-bis ont découvert entre autres, le réalisateur japonais Takashi Miike (la trilogie Dead or Alive, Ichi the Killer, ou plus récemment The Great Yokai War) un des réalisateurs favoris du festival. Le rendez-vous avec l’étrange a lieu vers la fin août/ début septembre au Forum des Images (sauf l’année dernière où le festival a été déplacé sur le grand REX et le Cinéma du Monde.) Vous imaginez bien qu’une manifestation telle que celle-ci est attendue par une belle brochette d’amateurs capables de venir de loin pour y assister. Or, vous comprendrez donc mon amertume et ma déception lorsqu’en me rendant sur le site du festival, j’ai appris que le rendez-vous de 2007 était annulé (sur Paris) faute de financement. Je trouve lamentable que le service culturel de la ville de Paris ne fasse rien pour aider à maintenir une telle manifestation unique et originale. Alors, laissez-moi vous poser la question, comment fait-on pour découvrir des films un peu différents lorsque les festivals qui leur étaient dédiés disparaissent?

4 ème Coup de gueule : sallecinema.jpgDans le courant des années 70 jusqu’à la fin des années 80, on trouvait beaucoup de salles spécialisées dans le cinéma d’exploitation. A cette époque, on pouvait pour 8 ou 10 francs (soit 1,50€) assister à des doubles programmation. Les films projetés mettaient en scène pour la plupart du sexe, de la violence, de l’horreur et n’avaient qu’un seul but, faire du pognon avec des sujets racoleurs. Lorsque les salles ont commencé à disparaitre, bouffées par la concurrence de la télé et de la vidéo, ces films (reniés et dénigrés par la critique) ont pratiquement disparu également. Toutefois ce genre de cinéma survit encore un peu maintenant grâce à des réalisateurs qui sortent leurs films directement en vidéo sans passer par les salles obscures. Grâce à l’étrange festival, le site Nanarland, la revue Mad Movies et les conseils avisés de certains passionnés, je m’intéresse depuis quelques années à plusieurs genres du cinéma d’exploitation (la Blaxploitation, la Kungfuxploitation, la Sexploitation, le Sukeban, la Nukesploitation et plusieurs genres de films d’horreur, gore et violent.) Pour tous ceux que ces genres intéressent d’ailleurs, je recommande la lecture du Hors-Série n° 11 de la revue Mad Movies de juin 2007 consacré à Grindhouse et au cinéma d’exploitation! Alors maintenant une question se pose, comment fait-on pour voir ces films? Il est rare et même impossible de les voir à la télé pour la plupart (hormis Arte avec son cycle Russ Meyer.) Bac Films mis à part, très peu d’éditeurs vidéo se sont risqués à les sortir et ils ne passent que très rarement en salles. Alors quelles sont les alternatives? Soit vous connaissez un super vidéo-club de la mort ou une médiathèque ciné richement garnie, soit vous possédez une super collection vidéo rare et imposante, ou bien en dernier recours, vous recherchez ces films sur le réseau internet. J’en entends déjà certains qui hurlent à la mort en prétendant, « BOUH que c’est vilain! Faut pas télécharger les films sur internet! C’est pas bien et c’est illégal! Ca tue le cinéma, ce genre de comportement » Et à ça je vous réponds : Qu’est-ce que le principe du peer to peer, si ce n’est un système d’échange entre particuliers de fichiers vidéo! Il faudrait qu’on m’explique la différence entre ce procédé et celui utilisé il y a des années auparavant consistant en des échanges de cassettes vidéo enregistrées entre particuliers. Car moi je n’en vois pas! Bon, je suis tout à fait d’accord pour pénaliser ceux qui s’en servent pour en faire commerce, ça c’est faire du tort aux ayants droit des films. Mais les gens honnêtes qui ne souhaitent qu’enrichir leurs passions cinéphages ne devraient pas être mis dans le même panier! De plus, je trouve qu’ internet permet de rétablir l’équilibre de l’expression « LA CULTURE POUR TOUS« ! Tout le monde n’a pas les moyens de se payer le cinéma (9€ la place sans abonnement), de s’acheter des DVD (souvent à partir de 15€, hormis le marché de la solde) ou d’habiter près d’un ciné-club (5€ la location). Je trouve honteux que les majors et les industriels du cinéma culpabilisent les gens sur le téléchargement à cause du manque à gagner. Comme si j’allais plaindre Disney, Dreamworks, etc… avec le fric gagné en produits dérivés et autres… Je pense qu’ils ont largement assez d’argent pour produire de nouveaux films! Evidemment, ce sont toujours ceux qui font le plus de pognon qui se plaignent. Alors, arrêtons le cirque des majors qui pleurent pour les pécadilles perdues sur internet et assouplissons les lois sur le téléchargement et ses règlementations!

5 ème Coup de gueule : davidsarrio.jpgRécemment, j’ai assisté à la projection des courts-métrages des jeunes réalisateurs David Sarrio (Projet Gamma, Daredevil, Punisher II), Aurélien Poitrimoult (Le Frelon Vert), Fabrice Blin (Lobotoman) et de Grégory Morin (Le dernier cri) sur la Péniche Cinéma (65 quai de seine Paris 19ème.) Après la projection, chaque réalisateur a pu parler de son travail et du budget pour le réaliser. Quand on voit ce que ces mecs sont capables de faire avec trois fois rien comme budget, ça me rend plutôt optimiste pour l’avenir, il n’est pas nécessaire d’avoir un budget colossal pour faire un bon film. Malheureusement à l’heure actuelle, les producteurs français sont incapables de prendre le pari de s’engager sur ces réalisateurs de talent. L’effet pervers provoqué est l’exil de ces réalisateurs pour les Etats-Unis ou le Japon. Un des cas les plus récents de cette fuite en avant est le film The Hills have Eyes des 2 français Alexandre Aja et Grégory Levasseur. Dans ces circonstances, il faudrait arrêter de dire que le cinéma français va mal alors que les producteurs/distributeurs français ne sont pas capables de financer/distribuer des projets audacieux de films un peu différents de ce qui se fait.

En conclusion : La gueule du cinéma du 21 ème siècle fait bien peine à voir. On se demande ce que deviendra cette grande industrie dans le futur. Tiraillé par les affaires des gros sous, il me semble que ceux qui le font ont oublié le but premier du cinéma, soit divertir le public et non pas le prendre pour une grosse vache à lait. Le cas du dernier concept de Tarantino & Rodriguez est un exemple éloquent de cet état de fait. A l’origine Grindhouse : Planet Terror et Death Proof (Le Boulevard de la Mort) a été réalisé à la manière des doubles programmations des années 70/80 des cinémas de quartier. Aux Etats-Unis, le film est sorti tel qu’il a été conçu, tandis que pour la France nos chers distributeurs ont fait le choix de scinder le film en 2 sorties pour ramasser plus d’oseille à l’entrée! On se demande où est passée l’intégrité artistique dans ces moments-là! Pour ma part, la seul réaction a avoir face à cette attitude c’est le boycott pur et simple de ce type de production. A ce propos d’ailleurs, il serait fort judicieux que les manifestations de plein air boycottent toutes en bloc le catalogue WARNER et tous ceux qui pratiquent des prix scandaleux pour le prêt des films! Ainsi nous pourrions sûrement voir des vieux classiques oubliés plutôt que des films sortis récemment. Cela pourrait réapprendre l’humilité à certains et les aider à se souvenir de qui les fait vivre. Pour le cas d’internet et du téléchargement, le jour ou les éditeurs DVD proposeront des classiques, des films étrangers rares et des films d’exploitations à prix modiques (- de 6€) je pense que le problème se dissipera. En attendant les jours heureux, il faudrait peut être prendre conscience que le net est en perpétuelle évolution et que tout le monde le fait évoluer. S’il n’y avait pas de piratage, certaines mesures utiles à la vie de l’internaute n’auraient jamais vu le jour! C’est un mal pour un bien! De toute façon, je le répète, la perte engendrée par le net doit être dérisoire au vu des tirages de certains DVD ou du nombre d’entrées en salles pour les producteurs/diffuseurs/éditeurs.

De vous à moi, ne pensez-vous pas que les lois sur le téléchargements sont de totales aberrations qui n’empêcheront jamais les gens de télécharger? Internet est un très bon moyen de découverte et d’ouverture à la Culture et je trouve dommage que d’excellents sites réalisés par des particuliers passionnés, ferment les uns après les autres à cause de la loi sur le téléchargement. Il suffirait de pas grand chose au niveau du contrôle pour que tout le monde soit satisfait. Mais bon, cela voudrait dire que les lois sont faites par des gens intelligents et compétents! En bref, on peux toujours rêver…

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Réécriture de l’Histoire américaine par Kara Walker

15 août 2007

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Intriguée par l’ affiche vue dans le magazine gratuit « Métro » présentant l’exposition de la plasticienne Kara Walker, je me rends au musée d’art moderne de la ville de Paris, situé dans le 16ème arrondissement.

Je ne connais pas cette artiste, à part qu’elle est afro-américaine, née en 1969 en Californie et qu’elle se livre à des singuliers photomontages. Je ne me renseigne pas vraiment dessus. Je préfère l’inattendu.. « Mon Ennemi, mon Frère, mon Bourreau, mon Amour »… tout un programme.

Rien ne me préparait à ce que j’allais voir: l’artiste a investi les murs immaculés du musée pour étaler ses compositions de longues silhouettes noires découpées, entre fresques historiques et théâtre d’ombres immobiles.

La finesse et la grâce de certains personnages me séduit en même temps que je ressens déjà devant cette première scène représentée une fascination morbide…Ici, sont rassemblés les principaux protagonistes d’une histoire qu’elle se propose de raconter: celle de l’esclavage. Le maître, la belle, le soldat, la servante, des enfants qui sortent de partout et nulle part… Entre « primitivisme » et référence à la colonne sans fin de Brancusi, c’est « Endless Conundrum, An African Anonymous Adventures ».

Plus loin, dans de petites salles rectangulaires, sont exposés esquisses, notes, dessins à l’encre, à l’aquarelle et la craie. Tour à tour exutoires, traces autobiographiques, réponses à ses détracteurs, provocations lancées envers les Blancs comme les Noirs? Son oeuvre dérange et reste contreversée.

Au travers de sa « négresse », l’artiste évoque la violence et l’ambiguïté des relations maitres – esclaves. Non pour parler d’un passé révolu mais pour réécrire, ajouter une touche personnelle, lever le voile de la honte, dépoussiérer, bousculer, malmener les idées toutes faites véhiculées par certains films.

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Sans concession, elle livre une vision obscène faite de défection, de suicide, de viols… Son oeuvre me gêne par sa sexualité… D’ailleurs me voilà devant sa seconde réalisation en Wall over: maîtres, esclaves, enfants se mêlent curieusement… Je fuis. Encore…

Plus loin, des paysages abstraits projetés au mur et des silhouettes collées ouvrent sur un autre type de création plastique: les films d’animation. Là, elle conte et manipule par des baguettes les mêmes personnages, les mêmes silhouettes noires sur fond blanc. Ici encore, le regard n’est pas épargné: violence, cruauté, sensualité exacerbée… J’ai été surprise par la très grand simplicité de ces réalisations: le drap faisant habituellement écran entre le manipulateur et les personnages est ici si fin que l’on peut voir l’artiste parler et bouger. Comme si K. Walker affirmait sa tout « puissance » de créatrice mais en même temps son impossible retrait de la scène, son impossible anonymat?

D’autres salles présentent son travail d’écriture de poèmes étranges, tels des rages en proses, de textes de « slam » protestataires, milliers de mots lancés comme de multiples poignards. Vers qui?

J’avoue n’avoir pas pu suivre la totalité des films d’animations qui, pour moi, n’étaient que des variations sur les mêmes thèmes: la sexualité forcée, la perversion, l’impunité de l’esclavage ainsi que le jeu de pouvoir. Partout des enfants: fruits de multiples incestes, d’adultères, de viols…

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Je m’attendais naïvement à des photomontages façon Heartfield -que je ne dénigre pas entendons-nous bien! Et, je me suis retrouvée devant une oeuvre dépouillée, extrêmement connotée, engagée, parfois drôle, souvent cynique…

Si cette exposition rend hommage au travail de l’artiste afro-américaine Kara Walker (collages, dessins, peintures, films d’animations, textes), elle actualise la question de l’esclavage, celle des femmes et des enfants et relance le débat sur les liens Blancs-Noirs et Noirs-Blancs… peut-être?

En tout cas, il faut remarquer l’excellent travail de scénographie, les salles successives respectant la force des travaux de l’artiste. Egalement, on ne peut être insensible à la précision du détail , la maitrise du découpage et le savoir-faire graphique.

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Sur l’influence de son oeuvre

Sur l’exposition

L’exposition dure jusqu’au 9 septembre!

Bonne visite

Un mois d’Août flippant avec David Slade

1 août 2007

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Pour ceux qui ne le connaissent pas David Slade est le réalisateur de l’excellent Hard Candy sorti en 2006. Si vous n’avez pas vu ce film, précipitez-vous sur le DVD! Nous recommandons ce film tout particulièrement aux fans de huis clos et de règlement de compte avec des salauds! Si vous êtes amateur de ciné fantastique et plus précisément de vampires, David Slade prépare l’adaptation du comics de Niles et Templesmith « 30 days of nignt«  pour une sortie en 2008. Pour les plus curieux, voici la bande annonce de la bête!

Galierock :l’expo rock de Castelbaljac au Musée Galiera

15 juillet 2007

Jusqu’au 27 juillet 2007:

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Folies de poches, de fermetures éclairs, de matières sécurisantes et de nounours chez Castelbaljac. Le musée Galiera présente pour la première fois des modèles originaux issus des créations pour défilés du couturier français Jean-Charles de Castelbaljac. Une carte blanche pour montrer son univers de couturier à la croisée des genres: mode, design, arts graphiques, musique, cinéma…

L’univers du couturier français se déploie de manière colorée et généreuse sur quatre salles: la première a des murs couverts de miroirs. Elle est occupée par un énorme cube et baignée dans des lumières aux couleurs de l’artiste, un symbole. La seconde présente des vêtements, tableaux et sculptures, toutes sortes d’objets souvent patrimoniaux qui l’ont influencé et fasciné. Les salles suivantes sont celles que j’ai préférées: dans la troisième, la collection des « robes-objets ». Elles rendent hommage à des personnalités du cinéma, de la musique, des arts plastiques, de la littérature… Ainsi, on peut voir des robes « Jimi Hendrix », « Vanessa Paradis », « Marilyn Monroe », « Jean-Paul Sartre », « Mickey »…. En face, des robes-manteaux, des capes multipoches réversibles, des vestes-Converses… aux couleurs franches, blanc, bleu, jaune, noir, rouge et vert. Sur les murs, de grandes photos d’hommes et de femmes représentatifs des milieux underground, néo-punk par exemple. Au fond de la salle, un immense trône…rose!

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La dernière salle, la plus grande, est très riche. Sur un podium central, sont exposés des robes et des manteaux aux coupes farfelues, dans des matières surprenantes, à la fois sexy, drôles, bizarres et certainement très confortables, comme ce magnifique manteau rouge qui permet grâce à ses innombrables poches de partir partout avec son nécessaire de survie. Autour de la scène aménagée à la manière d’un défilé, d’autres modèles comme une robe-duvet, une robe en toile de parachute…Pendant la visite, sont diffusés des morceaux choisis des défilés du couturier, ainsi que des interviews. Sur les murs, des toiles de jeunes graphistes et plasticiens, connus de l’artiste.

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Celui-ci explique sa démarche: obsédé par la sécurité, le confort, il crée des modèles qui deviennent des protections idéales contre les dangers de la vie citadine quels qu’ils soient, qui isole avec raffinement des froids polaires des mégalopoles… Il conçoit des modèles tout en douceur, comme un manteau-nounours, des vêtements pratiques, comme un manteau « modulable », ingénieux système pour aimer son pardessus quelle que soit son humeur…

J’avoue avoir été surprise par une telle liberté. Jean-Charles de Castelbajac emprunte et détourne des icônes de la société moderne. Jamais vraiment sorti de l’enfance, il a fabriqué pendant 40 ans un style plein de fantaisie et de drôlerie, composé de formes simples et ludiques.

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Petit plus: le musée propose des ateliers de création pour le jeune public : les enfants peuvent notamment y apprendre comment customiser leurs petites affaires à la manière du grand couturier.

Mais, une visite vaut mieux que tous les discours, alors dépêchez-vous d’y faire un saut.

Pour se préparer, voici deux adresses de sites:

Pour des infos sur l’expo (et le musée)

Pour des infos sur J.-C. de Castelbajac

Bonne visite

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Brèves du quotidien: histoires banales et idiotes

15 juillet 2007

A La Poste

- J’arrive à la poste de mon quartier pour faire une transaction habituelle. Il faut savoir que cette poste est un peu particulière. En effet, je suis toujours étonnée de voir à quel point elle aigrit le caractère de ceux qui s’y rendent. Il y a toujours, quelqu’un pour gueuler parce qu’il en a marre d’attendre alors qu’il vient d’arriver, une personne qui parle toute seule et vous regarde l’oeil mauvais en attendant une réponse de votre part, ou encore, un simple d’esprit qui est entré là parce qu’il y avait de la lumière et vous trouve soudain très intéressante.

-Donc, j’arrive et je vois tous les gens faire la queue en dehors de la file d’attente aménagée gentiment par les agents de La Poste pour éviter qu’ils ne se ruent aux guichets, pressés qu’ils sont de s’en prendre à quelque fonctionnaire. Je me dis tout-à-coup que nous devons posséder un brillant esprit de contradiction: avant les gens râlaient car ils ne savaient jamais qui était arrivé en premier, ils s’épiaient jalousement et feignaient de ne rien comprendre quand leurs voisins les chopaient en train de resquiller. A présent, avec la file d’attente, les gens se méfient, soupçonnant quelque manoeuvre sadique d’un fonctionnaire malveillant, de vouloir choisir son prochain client…. Bienheureux les paranoïaques car ils auront une vie bien remplie et plein d’amis.

-Un autre jour, un monsieur qui ne devait pas avoir toute sa tête ou devait avoir gagné à la loterie se poste devant la vitrine d’exposition de timbres et d’enveloppes. Tapant du pied, main sur la hanche et secouant la tête en rythme, il se met à chanter, improvisant une chanson à propos….de vaches!! Les gens l’observent interloqués, se moquent discrètement, le traitant de fou et plaignent sa femme. Le type se retourne, sourit et s’en va. Regards gênés dans la file d’attente (depuis le temps, les gens s’en méfient moins.) Avant de quitter la poste, je jette un coup d’ oeil curieux dans la vitrine. Sur les timbres, il y avait des vaches de toutes les origines photographiées dans un pré!… Méprisés et incompris mais heureux les gais lurons car seuls,ils possèderont la clé du bonheur terrestre.

-Un troisième jour, un monsieur se présente au guichet, un autre lui passe devant en montrant sa carte d’invalidité. Et il se fait servir. Débarque une femme enceinte, toujours au même guichet. On ne pouvait décemment pas la faire attendre. Et elle se fait servir. Enfin, le premier monsieur respire, on va s’occuper de lui. .. Quand une troisième personne se pointe et montre une carte vermeil. Et elle se fait servir. Grincements en tous genres dans mon dos…. Heureux ceux qui possèderont des « cartes coupe-file », car ils feront beaucoup d’envieux!

*Dans le métro

-Il y a de plus en plus de sans-abri dans le métro. Squatter de sièges, collectionneur de sacs plastique en tous genres, trieur de poubelles, éleveur de troupeaux de chiens, chats et rats, le SDF aime se montrer difficile voire exigeant: je rencontre un couple dans le métro qui me demande deux tickets de transport. Je suis un peu juste côté tickets mais devant l’amabilité et la politesse de la jeune femme, je ne résiste pas et je leur en propose un. Colère mêlée de fierté de la part de son compagnon; l’homme devient agressif, il en a demandé deux. Choquée par cette attitude, je leur donne le choix: soit je leur donne rien et c’est tant pis pour eux, soit ils en gagnent au moins un. En obtenir un deuxième sera plus aisé. Hésitation des deux vagabonds, qui finissent par accepter mon ticket de mauvaise grâce. Bien punis seront les généreux car ils auront toujours l’air de gros cons!

-Un soir, je rentre chez moi en prenant le métro. Je m’assoie tranquillement et j’ouvre un livre que j’espère passionnant, le trajet étant long jusque chez moi. Une petite vieille arrive et me dit sans politesse : »Tu descends la place!? » Pensant qu’elle parlait, de cette manière affable, au strapontin, je fais celle qui n’a rien entendu. Un, pourquoi elle me tutoie, d’abord. Deux, y’a d’la place ailleurs. Trois, je ne supporte pas qu’on m’interrompe dans ma lecture même si je me fais chier! me dis-je en me concentrant davantage sur la phrase que je lis pour la quatrième fois. La dame insiste. je la regarde droit dans les yeux: »Faites-le vous-mêmes, vous n’êtes pas handicapée des bras! ». Elle s’agite et s’énerve, dis que je suis une méchante et que je devrais avoir honte car elle est vieille et moi, je suis jeune…et que je devrais avoir plus de respect…Je lui réponds que je suis peut-être une méchante mais que le respect n’est pas un dû. Si elle avait été plus polie, je lui aurais volontiers rendu ce petit service, mais comme c’est une vieille malpolie, elle peut toujours rester debout.

« Et si je meurs, tu vas pas m’aider…? » poursuit-elle sans vergogne. « Crevez pour voir. » Je lui réponds provocatrice.

Elle finit par s’assoir et commence à rouspéter. Elle me murmure dans l’oreille, comme à une vieille copine: « Ouais, mais tout de même tu aurais pu me baisser le siège. Ce n’est pas très gentil. Et, je lui réponds théâtrale: « C’est normal que je ne vous baisse pas le siège. Vous êtes une mal polie qui profite de sa vieillesse, une harpie jalouse et mesquine. Je ne suis pas à votre service parce que je suis jeune. En plus, vous ne savez pas si je suis en mesure de vous aider, j’ai peut-être une maladie grave… aux bras! Regard inquiet de la vieille qui se décale légèrement sur le côté. Sa station arrive, elle se lève toute seule comme une grande, et avant de sortir, elle se retourne vers moi et me traite de salope! Regard courroucé et culpabilisant de mon voisin de strapontin. Merde alors, faites-leur la leçon et récoltez des clous!

-Un couple entre dans le métro avec un enfant. Le petit garçon d’environ quatre ans semble un peu capricieux. Après deux secondes passées sur les genoux paternels, il s’installe près de moi pour regarder à travers la vitre. Le gamin commence à me pousser car il ne peut pas bien voir. Je lui explique gentiment qu’il a toute la place pour lui, à côté et qu’en plus, j’étais là avant lui! L’enfant se fâche, me pousse encore et encore.Je ne bouge pas d’un pouce. En désespoir de cause, il finit par abandonner et part se réfugier dans les bras de son père. Il verse trois larmes de crocodile famélique et, me montrant du doigt, m’accuse d’avoir pris sa place. Et là, merveille! Le père qui a assisté à toute la scène me dit que je suis une méchante. J’ai eu l’impression que c’était le monde à l’envers. Très digne, j’explique au père que son fils chéri n’avait qu’à se mettre à côté ou me demander pardon. Il me réponds qu’il est trop jeune pour apprendre. Moi, je ne le trouve pas trop petit pour manipuler les adultes. Je crois que je déteste les enfants des autres!

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Des messagers au Centre Pompidou

15 juillet 2007

 

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Commencée le 6 juin dernier, l’exposition au Centre Pompidou de l’artiste contemporaine française Annette Messager m’a effrayée et séduite en même temps.

Elle débute dès l’entrée du Centre: alors que je faisais la queue pour acheter mon billet, j’entends comme un bruit de chute. Je me retourne et vois alors d’énormes formes comme des agrégats de membres divers, prisonniers d’un filet noir, tomber sur un sol recouvert de traversins, entre lesquels passe un petit mobile. La visite promet d’être singulière, à la hauteur de l’Oeuvre de l’artiste qui mêle avec fantaisie et étrangeté, art et science, choses intimes et expériences universelles…

Différents espaces présentent ses montages de pantins désarticulés, ses figures d’ombres chinoises, ses boudins-messages de tissus, mais aussi ses photographies-tatouages… Autant de facettes de la personnalité de cette plasticienne influencée par le mouvement surréaliste des Avant-gardes et par le mouvement féministe des années 1960-70.

Tour à tour, je regarde au plafond des pantins fous qui s’agitent, dans une vitrine des oiseaux empaillés, dans un espace clos des boules noires semblables à des araignées de cheveux arrachés qui volent, contre le mur des robes sous verre ou encore, par de petites « fenêtres « aménagées dans les murs, une collection de photographies, de dessins et de carnets amassés comme des souvenirs. Plus loin, je me retrouve nez à nez avec des figures noires, encore, étranges, objets fantastiques et à la fois familiers projetant des ombres au mur, semblables à des dessins esquissés au lavis…. Plus tard, je découvre dans une vaste salle des formes de tissus gonflées, que l’artiste appelle « Gonflés-dégonflés », dizaine d’organes sexuels semblant se reposer et attirer la main. Ou encore, des mètres de satin rouge s’élevant et s’abaissant au rythme d’une respiration…

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J’ai dû plusieurs fois résister à la tentation de toucher la matière qui recouvre là, un vieux Rocking chair, ou ici, une pile de livres et de peluches installés dans un équilibre fragile…. Oui, tout dans cette exposition paraît fragile, flottant, en suspension, délaissé…

J’ai été séduite par la diversité et l’originalité des installations comme celle constituée de crayons plantés dans un mur, qui, hérissé de pointes multicolores, paraît soudain très agressif. J’ai été très sensible à leur pouvoir évocateur, leur rondeur mais je n’ai pu réprimer certains frissons devant « les pensionnaires » et « la ballade des pendus » qui vous accueillent à l’entrée de l’exposition, ou face aux « articulés – désarticulés », pantins hybrides composés de peluches. Les formes et les couleurs des objets cousus par Annette Messager me parlent d’une enfance douce et rêvée, mais aussi de peurs terribles, d’angoisses tétanisantes…J’ai découvert chaque nouvelle réalisation avec surprise, frayeur, délice et parfois inquiétude.

Mais tout cela est très personnel, allez vous-mêmes vous rendre compte sur place. L’exposition dure jusqu’au 17 septembre.

Pour quelques infos sur Annette Messager, vous pouvez consulter par exemple:

- le site du Centre Pompidou sur lequel vous pouvez regarder une vidéo prise durant l’installation de l’exposition

- le site de l’Encyclopédie libre

-un site libre consacré à l’artiste

-un site sur la Biennale de Venise 2005

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Un mois de juillet espagnol avec Alex De La Iglesia

1 juillet 2007

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